VEUNAC SPEAKS QUE DALLE IN AMERICAN MAIS SIGNE DES CONTRATS DANS CETTE LANGUE

LA SAGA DE L’HÔTEL DU PALAIS (I) .- Le duo Veunac-Laffite n’est pas pour rien dans les difficultés actuelles de l’ex-palace. Si les pères de famille géraient comme cela leur argent…

C’est le premier jour de mon installation à Biarritz, il y a maintenant vingt-cinq ans, que j’ai pris conscience de l’importance de l’économie réelle et de l’économie souterraine du Palais à Biarritz. Le matin même, avec mon épouse, nous avions signé un acte définitif chez le notaire pour un petit appartement du centre-ville. En attendant notre train du retour pour la capitale, nous déambulons en cette fin d’été sur le promenoir de la grande plage. Surprise, avec le premier couple que nous croisons. Le directeur de « Sud Ouest » de l’époque est une vieille connaissance. En revanche, je n’avais jamais rencontré son épouse. « Mais qu’est-ce que tu fais là ?». L’interrogation est de pure politesse car nous sommes loin d’être proches et avons connu quelques tensions lors de séminaires professionnels, notre vision du métier n’étant pas la même.

L’épouse du directeur, qui n’analyse pas du tout la situation, me prend pour un ami et mange alors le morceau à mon plus grand effarement : « Nous, quand on nous invite, on vient ! » Et malgré les gros yeux que lui fait son mari, elle continue. J’apprends que le couple a été invité par Didier Borotra, maire de l’époque pour une semaine au Palais, tandis que le maire de Bayonne Jean Grenet offrait les invitations pour les corridas. Des pratiques d’un autre temps et une façon comme une autre de ne pas trop avoir d’articles à charge dans le quotidien régional.

Premier opposant à l’époque du règne de Didier Borotra, l’avocat Jean-Benoît Saint-Cricq avait parfaitement résumé la situation lors d’un conseil municipal : « La redevance que Le Palais verse à la Ville est de 220 000 euros annuels et les dépenses de la mairie au Palais sont du même niveau » Ou comment habituer depuis des décennies les contribuables biarrots à financer les vacances des plus riches. En prime, la Chambre Régionale des Comptes s’était étonnée qu’il n’y ait jamais le nom du bénéficiaire sur les factures de la Ville et avait préconisé de vendre le palace. Un autre temps, comme on vous le disait.

Le « casse du siècle » avec Decaux ?

Michel Veunac, les Biarrots s’en souviennent, va essayer à partir de 2014 de faire du Borotra sans en avoir le talent. Lui non plus n’a pas envie de se passer de ce beau jouet politique qu’est Le Palais tellement pratique pour y inviter les personnalités politiques de premier plan que l’on courtise. C’est sans doute pour cette raison qu’il ne parlera pas à son conseil municipal de la proposition qatarie de racheter le Palais, proposition selon mes sources qui se situait à 185 millions d’euros

Avec son Premier adjoint Guy Lafite, Michel Veunac récuse le spécialiste des palaces Four Seasons, au profit de la chaîne hôtelière Hyatt, ce qui provoquera la démission d’Édouard Chazouillères, Anne Pinatel, Virginie Lannevère, François Amigorena et Guillaume Barucq et signe un bail emphytéotique de 70 ans avec Decaux qui fait perdre toute valeur à l’établissement, l’adjointe à l’Urbanisme de l’époque Nathalie Motsch parlant même de « casse du siècle ». Il est sûr que si les pères de famille géraient leurs affaires personnelles comme ce tandem a géré celles de la ville, il y aurait un paquet de surendettés.

«  Tu parles anglais, Michel ? » « Euh, non, pas trop ! »

Aux manettes depuis 2026, l’équipe Blanco essaie de remettre de l’ordre dans tout ce bazar et de régler les problèmes les plus criants en rééchelonnant la dette, en demandant à Guillaume Pepy représentant de Decaux à la Socomix de choisir son camp et surtout en épluchant les contrats déjà signés. Ce qui peut donner lieu à des scènes cocasses comme le jour où Serge Blanco a croisé l’ancien maire Michel Veunac : « Tu parles bien anglais, Michel ? » « Euh, non, pas trop ! » répond celui qui a revêtu l’écharpe tricolore de 2014 à 2020.
Seul petit problème, ce même maire non angliciste a signé des contrats en américain avec Hyatt et n’a même pas pris la peine de les faire traduire par des spécialistes, alors que le droit des affaires américain n’a rien à voir avec le droit français. L’équipe Blanco découvre donc avec effarement qu’Hyatt peut licencier qui il veut au Palais. Si le salarié évincé obtient des dédommagements aux Prud’hommes, c’est la Socomix qui paiera. Et le reste est à l’avenant avec tous les risques pour les Biarrots et une belle rente de situation pour Hyatt. Selon des sources proches de la mairie, Hyatt a su parfaitement se border, s’octroyant même des commissions, comme un syndic d’immeuble, sur les prestataires engagés par le palace et étant à peu près sûr selon un expert de ne pas perdre d’argent quoiqu’il arrive.
Elle n’est pas belle la vie dans les palaces ?

Jean-Yves VIOLLIER

Demain : «  Maider et les délices du Palais »

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