LA SAGA DE L’HÔTEL DU PALAIS (2).- Contrairement à ce qu’elle affirme, l’ex-maire de Biarritz et présidente de la Socomix semble avoir bien profité des facilités offertes par le palace.
Maider Arosteguy et L’Hôtel du Palais, c’est vraiment une longue histoire, puisque dès ses débuts en politique en 2008, sous la bannière de Jean-Benoît Saint-Cricq et Patrick Destizon, qu’elle trahira immédiatement, la jeune élue est recrutée par Didier Borotra qui savait déceler comme personne les opposants complaisants pour siéger au sein de la Socomix.
Forte de son « expérience », il était donc tout à fait normal que la nouvelle maire de 2020 devienne la présidente de la Socomix.
Les choses ne vont pas tarder à dérailler comme le raconte un membre du conseil d’administration : « Dès le premier conseil d’administration, Maider Arosteguy a demandé si les élus pouvaient bénéficier de jetons de présence. Calmement, l’avocat d’Hyatt a répondu que les élus étaient des représentants d’une collectivité territoriale et que, si jetons de présence il y avait, ils devaient être reversés à la Ville qu’ils représentaient ». Le narrateur se marre : « Curieusement, on n’a plus jamais entendu parler de cette demande ».
50 000 euros de frais annuels ?
Entre temps, la nouvelle porteuse d’écharpe tricolore s’était probablement aperçue qu’entre son mandat de maire, celui de vice-présidente de l’Agglo et celui de conseillère régionale, elle était très proche de l’écrêtement et n’avait donc pas besoin d’indemnité supplémentaire. L’ancien membre du conseil d’administration de la Socomix tombe de l’arbre quand je lui lis la délibération 13 qui a été votée lors d’un conseil d’administration en 2021 : « À la fin des conseils, on nous demandait parfois de sortir en évoquant des problèmes de confidentialité des affaires, et seule Maider restait, mais jamais nous n’aurions imaginé cela ! ».

Cette résolution a été adoptée en 2021, un an après l’installation de Maider Arosteguy.
Cette délibération adoptée en 2021 et miraculeusement parvenue sur mon bureau début 2026, pose en effet question. Si une délibération au-delà de 50 000 euros de frais annuels pour le président directeur général ou le Directeur général doit avoir lieu, cela veut bien dire qu’en dessous de cette somme les intéressés n’ont pas de comptes à rendre ? Et on comprend mieux pourquoi l’opposante à Michel Veunac qui avait promis en 2020 une consultation citoyenne sur Le Palais n’a jamais tenu parole.
Alors que les témoignages se multiplient d’une présence très « constante » de Maider Arosteguy au Palais, j’interroge une première fois l’intéressée. Sa réponse, datée du 11 février 2026, est très claire :

Mail de Maider Arosteguy, le 11 février 2026.
Maider affirme avoir demandé que les jetons de présence soient versés à la Ville. Cette version est démentie par l’ancien membre du conseil d’administration. La deuxième affirmation ne fait guère de doute : Maider n’a jamais été rémunérée par le Palais. La troisième affirmation sur des prestations gratuites, comme on va le voir, est un peu problématique car nombre d’employés de L’Hôtel du Palais affirment le contraire. Au téléphone, ce 11 février 2026 , Maider Arosteguy croit bon de préciser « Je ne vais au Palais que lorsqu’on m’invite ». Est-ce si sûr ?
Des témoignages concordants et accablants
En effet depuis la défaite de la maire sortante, des salariés désormais partis ou des membres de sa majorité municipale racontent tous la même chose : À la belle saison, Maider avait l’habitude de commencer sa journée par un tour à la piscine du Palais. Au point qu’en septembre 2025, ses conseillers politiques lui ont même demandé d’espacer ses apparitions pour faciliter sa future réélection. L’ancien salarié, qui accepte de parler, ne dit pas autre chose. « Maider venait très souvent. Parfois, elle se baignait seule et d’autres fois avec ses enfants. Bien entendu, elle utilisait les douches et les serviettes de l’établissement » Et pendant ce temps, les manants de la grande plage, par oukase municipal devaient attendre de rentrer chez eux pour se rincer les fesses, car Madame le maire avait décrété des économies d’eau et supprimé les douches de plage !
Les mêmes, qui en veulent décidément beaucoup à l’ancienne maire, ne se montrent pas avares de détails : « Après le bain, Madame le maire, déjeunait souvent sur place. Elle adorait notre salade César (NDLR : à 38 euros actuellement) et n’hésitait pas non plus à confier ses vêtements les plus fragiles à la lingerie du Palais. Certains disent même qu’elle adressait ses factures d’essence de la station Total de l’avenue de la Marne à notre établissement. »
Tous ces témoignages, sous couvert d’anonymat affirment que la maire de Biarritz ne payait rien quand elle venait. Mais, du fait de leur anonymat, au moins pour le moment, et même s’ils se recoupent, ils doivent être pris avec les plus grandes réserves.
Interrogée, l’ex-maire ne répond pas
Pour savoir le fin mot de l’histoire, le plus simple journalistiquement était donc d’interroger l’intéressée, ce que nous avons fait lundi 15 juin au matin. Malheureusement, alors que nos échanges avaient été réguliers pendant son mandat, Maider Arosteguy, sans doute parce qu’elle a beaucoup à faire depuis qu’elle n’est plus maire, n’avait pas trouvé jeudi le temps de me répondre.

Bien entendu, si Maider Arosteguy décidait de contester les témoignages du personnel de L’Hôtel du Palais, nous nous ferons un plaisir de publier son texte. Reste à espérer que la nouvelle équipe municipale aux manettes, surprise par la véhémence avec laquelle Maider Arosteguy souhaitait rester au conseil d’administration de la Socomix, va trouver les réponses aux questions que se posent les citoyens.
Quand on est maire de Biarritz et présidente de la Socomix, est-il vraiment nécessaire de prendre sa voiture pour aller de la mairie au Palais ?
Jean-Yves VIOLLIER