Lors du dernier conseil municipal biarrot. Serge Blanco a montré qui était le patron, tandis que l’opposition autour d’Arosteguy s’est ridiculisée en se retirant.
La machine à rumeurs, la même qui avait été utilisée par l’équipe de Maider Arosteguy pendant la campagne des municipales, a fonctionné toute la semaine : pas une connaissance ou un commerçant biarrot qui ne vous dise sous le manteau que Serge n’a aucune appétence pour le rôle de maire et que, promis juré, il va se retirer et céder sa place une fois le projet Aguilera stoppé. C’est mal connaître l’ancien compétiteur qui a montré hier soir, lors d’un conseil municipal une fois de plus mouvementé, qu’il avait été un vrai patron pendant sa présidence à la Ligue de rugby, et qu’il sait toujours mener une assemblée et diriger avec autorité un débat.
L’étincelle qui a mis le feu aux poudres et amené les six élus de la liste Arosteguy, ainsi que Guillaume Barucq, à quitter la salle ? Les places réservées à l’opposition dans les commissions. L’opposition a découvert qu’elle était la bienvenue dans toutes les commissions sauf deux, la Socomix et la SEM des golfs de Biarritz. Au hasard, Maider Arosteguy, ex-présidente de la Socomix et Edouard Chazouillères ex-président des golfs revendiquaient une place… pour ces deux commissions et pas une autre !
« Ouvrir ce qu’il y a dans les placards »
Serge Blanco, qui avait visiblement préparé méticuleusement le conseil avec les services, a annoncé à l’opposition qu’elle pouvait présenter une liste et que le vote se déroulerait, comme le prévoit la Loi, à la majorité simple. Après Serge Blanco, Nathalie Motsch et Nathalie Destandau, toutes deux brillantes dans leurs propos, ont expliqué les raisons de la défiance de la majorité. « On a besoin d’une task force et d’ouvrir ce qu’il y a dans les placards » a estimé Nathalie Motsch, rappelant que la déclassification de L’Hôtel du Palais est restée soigneusement cachée, tandis que Nathalie Destandau a justifié elle aussi cette décision de la majorité « par le manque de transparence du passé qui nous pousse à agir ainsi ». Preuve que la suspicion concerne uniquement la Socomix et les golfs, les opposants Jacques-Emmanuel Saulnier et Ana Ezcurra, qui avaient candidaté pour d’autres commissions, ont été élus sans problème.
« Si on vous gêne, on va quitter la salle »
Les Calimero de l’opposition, qui nous avaient déjà surpris lors du conseil d’installation en refusant de participer au vote pour l’élection du maire, ce qui n’a pas grand sens, s’en sont alors donné à cœur joie. Arguant de la « tradition républicaine », comme si la tradition devait l’emporter sur la Loi, Barucq, Arosteguy et Chazouillères sonnent la charge et évoquent « un très mauvais signal adressé à la population ». Avant que Guillaume Barucq, suivi par six autres, ne prenne la sortie : « Si on vous gêne, on va quitter la salle ».
Les six élus de la liste Arosteguy ainsi que le médecin surfeur jettent l’éponge au bout d’1h17 de séance, tandis que les trois membres de Biarritz Berri restent sur place. En effet, il reste plus de deux heures de débat pour évoquer les orientations budgétaires et prendre la décision d’annuler la promesse de vente faite à Robert Alday pour les terrains d’Aguilera, décision qui sera votée à l’unanimité.
Laisser sa place si on ne veut pas faire le job
Ces délibérations d’une extrême importance méritaient la présence d’une opposition vigilante et désireuse de débattre. Quand on est dans l’opposition, on est souvent confronté à des décisions que l’on n’approuve pas. Mais ça n’empêche pas de continuer à combattre. Les partants, au lieu de faire le travail pour lequel ils ont été élus, ont préféré écouter leurs meurtrissures d’ego et adopter des postures indignées.
C’est effectivement, pour reprendre les termes de Maider Arosteguy, « un très mauvais signal envoyé à la population » que de ne pas faire le job pour lequel on a été élu. Puisqu’être opposant s’avère si difficile pour eux, on ne saurait trop leur conseiller de laisser leur place aux suivants sur la liste qui, eux, se feront un plaisir de siéger et de participer aux débats.
Jean-Yves VIOLLIER
Biarritz mais pas Biarritz bonheur !
Présidente de RamDam, Pascale Viot fait une lecture bien différente de Jean-Yves Viollier du conseil qui vient de se dérouler et ne cache pas sa déception.
L’intérêt de suivre en présentiel ou par écran interposé les conseils municipaux c’est de pouvoir rendre compte de ce qu’on a pu en retenir et pas de ce qu’on a pu en lire. Et même là, nous n’avons pas tous la même analyse du déroulement des éléments.
Biarritz, c’est la ville de quatre maires différents en quatre mandats! Nous débutons donc avec un nouveau maire et pas n’importe qui « notre » Serge Blanco national. Beaucoup d’attente pour ce premier conseil municipal après une campagne exacerbée. On va travailler ensemble opposition et majorité main dans la main seul l’avenir de Biarritz compte. On y croit on en a envie.
Que nenni ! Travailler avec l’opposition qui a été aux manettes pendant 5 ans, cela c’est le discours de campagne. Quand on accède au pouvoir tout change. Celles et ceux qui ont suivi ce premier conseil ont dû vite le comprendre. Deux suspension de séances et le retrait de six des opposants des débats ! Pourquoi ? Je vous explique :
À l’ordre du jour était inscrit la nomination des représentants de la municipalité dans différentes commissions. Or de tout temps un représentant de l’opposition était toujours présent a ces commissions. Dans cette logique, un mail avait été envoyé aux membres de l’opposition leur indiquant qu’une place « leur était réservée ». Fort de cette tradition et de ce mail, l’opposition représentée par l’ancienne municipalité ne s’attendait pas à ne pas figurer lors de la présentation des listes.
Il en a été ainsi pour la Socomix qui gère L’Hôtel du Palais et pour la direction des golfs ou gérées aup aravant par Maider Arosteguy et Édouard Chazouillères.Leur action passée étant jugée condamnable, Maider a répondu que si sa personne ou celle de Monsieur Chazouillères posait problème il suffisait de désigner d’autres représentants de l’opposition. Blanco a balayé l’intervention d un revers de main – on est plus au rugby!- en indiquant que l’opposition pouvait présenter une liste Avec un scrutin majoritaire il n y avait aucune chance d être élu. Hypocrisie totale .
Il en a été de même pour la liste d opposition de Barucq et Ana Ezcurra. C’est dans ces conditions et se retrouvant piégés que l’ensemble de ces listes d opposition se sont retirées des débats. Sont restés celles et ceux nouvellement élus pour qui c’était leur premier conseil municipal dans l’opposition. Leur place dans des commissions n’a posé aucun problème. Y aurait-il aux yeux de notre maire une bonne ou une mauvaise opposition ? Quoiqu’ il en soit Guillaume Baruq a déjà annoncé un recours pour contester cette exclusion Laissons faire le droit.
Se retirer des débats était-ce une bonne ou mauvaise solution ? Quand on est face a un jeu truqué difficile de le dire. Les débats méritaient d être suivis Le budget d abord mais peu d’entre nous jonglent avec les chiffres. Beaucoup seront satisfaits la promesse de vente des terrains annulée à Aguilera. On repart à zéro mais là liste d attente ne va cesser de s allonger. L’amende pour la municipalité va continuer à croître. Personne ne détient la solution miracle. Mais la nouvelle majorité a conscience qu’elle va devoir répondre aux attentes.
Comment ? L’avenir le dira.
Pascale VIOT