Une première victoire pour les salariés des Embruns

Face à la détermination du personnel du centre de soins de Bidart, la direction a avancé au 29 décembre l’annonce de son plan de sortie de crise.

Si la presse avait encore quelques doutes sur le tempérament monarchique de Christelle Leleu, la directrice du Centre de rééducation fonctionnelle des Embruns, elle a eu un bel aperçu de ses façons de faire, mercredi 28 décembre à 10 heures, en la voyant soudainement descendre de son bureau pour se rendre au portail d’entrée où les salariés avec l’aide de la CFDT tenaient une conférence de presse, et convoquer immédiatement les représentants du CSE (Comité Social et Économique) et les délégués départementaux CFDT dans son bureau.

Écouter ce que les salariés remarquablement solidaires répètent depuis plusieurs semaines ? Planifier la réunion avant ? Respecter le travail des journalistes présents ? L’idée n’a manifestement pas effleuré la monarque, arrivée à la tête de l’établissement en 2017 et visiblement peu habituée à dialoguer ni à être contestée.

En un mois, tout bascule…

Mauvais choix, car l’heure passée à attendre la fin de cette réunion improvisée, qui verra la directrice accepter la tenue pour le lendemain d’un CSE extraordinaire où sera évoqué le plan de sortie de crise, aura permis aux journalistes de dialoguer avec les salariés et d’en apprendre long sur ce bien curieux retournement de situation survenu en novembre 2022 dans le Centre de soins.

Comment un établissement réputé et très rentable qui voyait le 29 juin dernier la présidente et le conseil d’administration remercier « tous les personnels pour leur professionnalisme au service des patients accueillis et réitérer leur confiance à l’équipe médicale en place », a-t-il pu licencier pour faute sa médecin-chef quelques mois plus tard et plonger ainsi l’établissement dans la tourmente ?

Ayant été victime d’un AVC en 2017 et hébergé aux Embruns pendant six semaines, je peux témoigner de la qualité des soins reçus et surtout de la valeur d’un personnel uni, remarquablement humain et formidablement compétent, dialoguant longuement en toute liberté, du médecin chef à l’infirmière des soins à apporter aux patients.

Mercedes Graciet et Franck Calléja de la CFDT, en compagnie des élus du CSE.

Si la plupart des salariés comptent en majorité une à deux décennies d’ancienneté, c’est visiblement leur premier conflit du travail et il marque les esprits. Mercedes Graciet, secrétaire générale de l’UIS CFDT tient à souligner « la qualité de ce personnel qui se montre très solidaire et responsable » et espère que « la souffrance du personnel va être prise en compte ».

Une fausse querelle pour servir des appétits?

Reste une énigme de taille à laquelle la directrice Christelle Leleu se garde bien de répondre pour l’instant. Pourquoi ce si brutal changement d’attitude ? Trois hypothèses circulent parmi les salariés. La directrice avait du mal à accepter l’aura d’une médecin-chef présente depuis vingt-sept ans et dotée d’un réseau médical hors normes. Elle l’aurait donc licenciée pour ne plus subir d’ombre. Les membres de RamDam ayant à leur actif quelques conflits du travail doutent un peu de cette version, et leur promenade dans les 7 000 mètres carrés de l’établissement avec sa piscine chauffée et sa magnifique vue mer donnent à penser que bien des entreprises médicales ou des promoteurs doivent avoir envie de mettre la main sur Les Embruns. Un établissement, autre curiosité, qui a été donné par les fondateurs en 1961 aux sœurs dominicaines de Monteils (Aveyron)

https://www.baskulture.com/article/les-dominicaines-de-monteils-les-embruns-bidart-et-les-flots-hendaye-2704

En attendant d’avoir le fin mot sur cette affaire sur laquelle nous reviendrons à l’évidence, les farfouilleurs de RamDam ont mis la main sur un document très intéressant datant du .. 10 mai 1961. L’acte de donation rédigé par maître André Clerisse, notaire à Bayonne. Marie Léonie Églantine Buffard, veuve Peyret, confie à l’association « Institut héliomarin du Docteur Peyret », représentée par la sœur dominicaine Marie Antoinette Xoudelanski, trésorière de l’association, « l’établissement de cure exploité à Bidart » et estimé en 1961 à « dix mille nouveaux francs » et accessoirement trois véhicules automobiles et un triporteur, ainsi que tous les biens immobiliers se trouvant sur le terrain estimé à 400 000 nouveaux francs.

Avec juste une réserve d’importance : La possibilité de reprendre les biens s’ils ne reçoivent pas la destination prévue aux statuts de l’association.

Alors crise d’autorité initiée par une directrice qui a du mal à s’imposer ou opération d’enfumage, le licenciement du médecin n’étant qu’un prétexte pour mener une opération peu avouable ? Seul l’avenir nous le dira, même si on devrait en savoir un peu plus dès demain.

Jean-Yves VIOLLIER

2 commentaires

  1. Et si la collusion entre Mme LELEU et un groupe immobilier prédateur était démontrée, qu’adviendrait-il de là monarque: directrice à nouveau d’un ensemble immobilier juteux (avec profusion « d’honoraires ») ou « menottes/prison pour détournement de fonds, prise illégale d’intérêts, corruption active? Ou tout cela en même temps? Ça pourrait faire cher à la sortie : pourrir un si bel établissement pour en faire un cadeau princier à une ambitieuse à l’égo et à la cupidité démesurés ! D’autant qu’il se dit que ce cadre de santé ne serait pas vaccinée ( mais c’est là une autre histoire)
    Patrick Saint Jours

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