La communication vicieuse d’Aldigé

Le président du Biarritz Olympique qui reçoit de la Ville 628 000 euros de « contrat d’image » passe son temps à la dénigrer en multipliant les approximations.

Il n’y a que les parents des petits génies incompris qui sont persuadés que c’est la qualité du crayon utilisé qui fait le bon élève. Alors que la tension est encore montée d’un cran entre le maire de Biarritz et les supporters les plus proches d’Aldigé, ces derniers se permettant de faire irruption vendredi en plein conseil municipal, le président du Biarritz Olympique, Jean-Baptiste Aldigé s’est lancé auprès de tous les médias nationaux dans une scandaleuse campagne de jérémiades qui ne dupe personne. Auprès de France 3 Nouvelle-Aquitaine, Aldigé affirme que le stade Aguilera est « une épave en train de couler, c’est le Titanic »,  tandis que sur TF1 il montre la chaudière qui fuit et le vestiaire qui subit des pannes d’électricité à répétition.

Une vidéo qui a bien fait rigoler un électricien professionnel ami de RamDam qui, au vu de l’éteignage en deux temps du vestiaire, parie sur une mise en scène délibérée et remarque le ton posé avec lequel le président parle de ses déboires, se contentant d’un simple « Aie ! » au moment où la lumière s’éteint. Que dirait-on d’un locataire ordinaire qui n’entretiendrait pas pendant trois ans la location qu’il occupe et qui, au bout de trois ans, convoquerait les médias pour leur montrer les conditions indignes dans lesquelles le propriétaire l’oblige à vivre ? Qu’il est gonflé !

Un bail emphytéotique n’est pas un bail ordinaire

Sauf qu’Aldigé n’est pas un locataire ordinaire, mais le titulaire d’un bail emphytéotique qui oblige le bénéficiaire à entretenir les installations qu’on lui confie. Payant 2 500 euros de loyer par an, bénéficiant de l’entretien de la pelouse à hauteur de 80 000 euros, de la prise en charge des fluides, eau gaz et électricité à hauteur de 50 000 euros par an, et de 350 000 euros de subvention en plus du contrat d’image qu’il piétine allègrement, Aldigé ne manque pas d’air en venant pleurnicher devant les médias. Et bien entendu, en habile communicant adepte des méthodes de Donald Trump, le but qu’il poursuit est tout autre que celui qu’il annonce.

Tout le monde semble avoir oublié que lorsqu’il est devenu président du BO en 2018, Jean-Baptiste Aldigé n’a strictement rien trouvé à redire aux installations, même si elles sont un peu étroites avec l’accroissement des effectifs professionnels, ce que la mairie ne nie nullement. Lorsqu’il recevait en 2019 dans son bureau, les journalistes ou les élus pour les convaincre de la qualité du projet immobilier qu’il voulait mener à bien avec Pichet, Jean-Baptiste Aldigé annonçait qu’il allait réhabiliter la maison rose et y installer les bureaux du BO, ce qui paraissait une excellente idée.

Le jour où Aldigé partira sera sans doute un des plus beaux jours de la vie des Biarrots.

Depuis, il a appris à ses dépens que la vie publique française était régie par un certain nombre de règles. C’est à l’honneur de Maïder Arostéguy de les lui avoir rappelées quand son prédécesseur avait louvoyé. Et comme par hasard, alors que la famille Gave prend conscience qu’elle n’aura pas la main sur ce projet immobilier, Biarritz devient soudain une ville invivable et ses installations sportives les « pires du top 14 ». Aldigé réalise aussi que les élus du Nord commencent à prendre conscience de qui il est et que leur enthousiasme décline, mettant à mal ses velléités de délocalisation. Alors pour justifier par avance un départ, il dénigre la ville et ses installations. Au point que les Biarrots, nostalgiques de l’époque où le club de rugby jouissait dans toute la France d’une image remarquable, n’en peuvent plus de ce président qui chaque semaine allume un nouveau brasier et, comme Sarkozy à un de ses détracteurs, commencent à avoir sérieusement envie de lui dire : « Casse-toi, pauvre c.. ! »

Jean-Yves VIOLLIER

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