Dictature de l’intolérance et réalité historique

Harcelés par des révisionnistes fanatiques, les pharmaciens du quartier de Biarritz, dont l’officine est connue depuis des décennies sous le nom de « La Négresse », viennent de céder aux oukases d’une poignée d’activistes.

Ils ont été obligés de changer leur enseigne pour répondre à l’air du temps . Refuser une dénomination toponymique au mépris de l’histoire d’une ville et d’un quartier est une forme d’intolérance qui ne peut s’expliquer que par l’ignorance du passé local.

Beaucoup de lieux ont des noms créés par l’usage et l’histoire qui peuvent aussi interpeller. Les Bordelais ont une rue judaïque, que dire des habitants de Villejuif ou encore des heureux résidents du Cap Nègre au Lavandou.


Apparentement terrible dans « Sud Ouest » du 17 août. Le vinaigre « Tête noire » parade en une pendant que la pharmacie La Négresse change de nom.

L’Académie française va-t-elle être dans l’obligation de rechercher de nouveaux noms pour le champignon dit « tète de nègre » ou la pâtisserie « nègre en chemise ». Doit-on rebaptiser le groupe de musique les « Négresses vertes » ? On ne peut effacer l’histoire d’un lieu. Par contre et à juste raison, par ce que c’est de l’histoire, commémorer, se souvenir et enseigner les errements du passé à propos de la colonisation et de l’esclavage relèvent du devoir de mémoire.

Continuons à garder le beau nom de ce quartier de Biarritz en hommage à cette femme des Antilles qui serait, selon la légende, venue avec les armées de Napoléon s’établir au relais de poste sur la route impériale Paris-Madrid. Pour rester dans le politiquement correct et satisfaire la minorité agissante j’invite mes confrères à dénommer désormais leur pharmacie : « Anderea belza farmazia », la pharmacie de la femme noire. Une telle enseigne serait un beau pied de nez à l’adresse de tous les révisionnistes de tous poils car la revendication linguistique et l’histoire seraient ainsi conservées.

Philippe MOREL, ancien pharmacien du lieu-dit «  la Négresse

Le commentaire de RamDam 64-40

Notre si calme Philippe Morel est en colère et on le comprend. Comme lui, nous détestons le politiquement correct et cette frilosité surtout destinée à sauver les apparences. Mais nous n’oublions pas que RamDam 64-40 est aussi une association composée d’activistes qui s’efforcent de faire évoluer les choses. Et nous subissons nous aussi à RamDam la pression d’autres activistes qui souhaitent nous voir rédiger nos articles en basque. Ce sont les protestataires, en mettant sur la place publique des questions que personne ne s’étaient posées avant eux, qui font progresser la démocratie. Mon propre frère, qui conserve des liens très forts avec l’Afrique, juge l’appellation « La Négresse » insultante et se montre ravi de ce changement de nom. Le rêve est donc de trouver une appellation sans démagogie qui fasse consensus tout en respectant l’Histoire. Philippe Morel, dans son article a peut-être trouvé la solution. Le quartier « Anderea belza », vous ne trouvez pas que ça sonne bien ?

Jean-Yves VIOLLIER

7 commentaires

  1. Faudra-t-il supprimer tous les passages où Léopold Sédar Senghor parle de « négritude » ? Pour moi, le mot est une chose, ce qui blesse, c’est le sens qu’on lui donne.

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  2. Quand on parle de la Négresse on parle d un quartier pas d une femme noire. Faut arrêter de trouver le mal là où il n’y en a pas car personne ne s’en est jamais plaint à part les Bordelais.
    Motut

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  3. C’est quoi cette nouvelle génération?? Pourquoi toujours vouloir tout interpréter ? (et en plus souvent de travers ! ) 😡C’est le plaisir d’un monde de procéduriers , c’est dans l’aire du temps? Arrêtez un peu !! Il y a bien plus grave dans le monde d’aujourd’hui à s’occuper que de vouloir changer des noms de rues ou de quartiers que nous connaissons de part nos grands parents et avant ! …😡 posez vos cerveaux et sciences infuses sur le problème des gens dans la rue , les pays qui manque d’eau et la famine , sur le problème des handicaps, des maladies , des problèmes rencontrés dans les cités, nos retraités et leurs difficultés financières et de logements, etc … réveillez vous et occupez vous à être utile pour nos futures générations qui ont bien du soucis à ce faire plutôt que faire du vent !! Et dans tous les cas , et pour ma part ça restera le quartier de la Négresse , comme le Biarritz Bonheur ou encore quartier du Gaz et la plage du port vieux ! Et je pense que je ne serais pas là seule ! Merci
    Dillies

    Aimé par 1 personne

    1. Vous dites vous même occupez vous à être utile pour nos futures générations. S’en occuper c’est agir, comme pour le climat et pas dire ce n’est pas grave, il y a pire. Souvenez vous de la grenouille dans l’eau tiède.
      Gérard Rochefort

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  4. Ce politiquement correct est pénible. Tout est suspecté de racisme. Le problème est que c’est à sens unique. Le respect oui, mais de tous pour tous !
    Gérard Pierson

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  5. J ai ete élevé au Sénégal et les mots de LS Senghor ont bercé mon enfance. La négritude il en été fier et ne cessait d en parler. Ce que trouve le plus triste c’est ceux qui se plient aux exigences de cette poignée de bouffons pour faire changer les noms c est leur accorder beaucoup de crédit.
    Depuis j ai beaucoup voyagé sac à dos en Afrique Française Anglophone et les discussions sous l arbre à palabre sont les mêmes. Les vieux s inquiètent de ce rejet constant chez les jeunes mettant tous les malheurs sur la période avant l’indépendance et de leurs relents racistes. Ils leur faut trouver à tout prix un coupable à leur triste vie plutôt que de se bouger.
    Maritxu

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  6. Les affres de la cancel culture.
    Que dire de cette manie folle d ‘oublier plutôt que de se rappeler et d’éviter les erreurs du passé?
    Étant de la génération des trentenaires qui a commencé à mettre en avant dans les universités américaines ce phénomène immonde (encore les américains, décidément…), j’ai honte, honte de voir mes compatriotes faire preuve de tant de fénéantise intellectuelle et de chercher à supprimer bêtement des appellations, statues, cours, souvenirs gênants plutôt que d’ouvrir un débat permettant d’en éviter les errements à l’époque actuelle.
    Le manichéisme de ces actes et affreux, fait peur et relève de l’envie de violence physique envers certains activistes de la cancel culture qui ont le chic de victimiser des communautés qui s’en foutent complètement pour se justifier.
    L’ont peut citer le cas du café négro à Bayonne il n’y a pas si longtemps que ça, les autodafés des écoles catholiques canadienne de la semaine dernière ou encore les déboulonnages des statues.
    Des civilisations telles que la Rome antique, la Chine ancestrale ou encore plus récemment une sacré majorité de pays développés lors des colonisations ont voulu détruire les histoires et cultures des pays qu’ils envahissaient, quel a été le résultat? Déchéance et chute, ce qui, et cela sans être collapsioniste à bel et bien l’air de nous attendre au vu de la paresse intellectuelle des générations actuelles et à venir…
    Gaetan

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