quand le boniment va …tout va

Cet été pendant que le français moyen en hommage à Chirac était fort occupé à se partager la Corona et qu’il se persuadait que la pandémie  »ça m’en touche une sans faire bouger l’autre », un décret paru en toute discrétion a validé une réorganisation inquiétante des services déconcentrés de l’État.

Jusqu’en 2009 dans le cadre de la déconcentration, les principaux ministères disposaient d’antennes régionales et départementales. En 2009 ces différents services avaient fait l’objet de regroupement au sein de trois DDI et de huit DCI, directions départementales ou régionales interministérielles placées sous la responsabilité du Premier Ministre.

Depuis le discret décret du 14 août 2020, ces différents services déconcentrés placés sous l’autorité des préfets relèvent du Ministère de l’Intérieur.

Ainsi Agriculture, Santé, Jeunesse, Sport, Environnement  et autres ne dépendent plus de leur administration de tutelle mais sont dorénavant vus sous le prisme de l’ordre public, domaine de compétence du Ministère de l’Intérieur, qui de fait devient le seul représentant de l’État présent dans les territoires

Cette évolution vient conforter les multiples récentes décisions qui révèlent une inquiétante régression de la démocratie dans notre hexagone.

sinon dissolution du peuple

– »Loi ASAP (accélération et simplification de l’action publique) » qui entérine une batterie de déréglementations au détriment de la justice sociale, de l’environnement, de la santé et de la démocratie. Sous prétexte de fluidifier la réalisation de projets industriels et commerciaux cette loi valide entre autres un allègement des contraintes, une suppression des commissions administratives consultatives et des organes d’expertise. Une démarche à l’américaine : on fait d’abord on réfléchit ensuite, quitte à occasionner des dégâts irréversibles. Rappelons que bien souvent moins de règles se traduit par moins de protection.

– »Loi d’initiative sur la sécurité globale » en débat qui se traduira par l’entrave à l’information et la liberté d’expression et qui d’ores et déjà ouvre une porte à la surveillance par drones et à la mise en place de la reconnaissance faciale ?

– »Loi de protection sur le secret des affaires » (30/07/2018) dont les effets pervers se traduisent par une entrave à l’action des lanceurs d’alerte, à l’instar de ceux qui ont été à l’origine des scandales du Lévothyrox, du Médiator et de celui des prothèses mammaires, pour ne citer que les plus tristement célèbres.

– Bien entendu dans ce panorama n’oublions pas le recours abusif aux ordonnances qui permettent de shunter allègrement le rôle du parlement.

Alors quel sera le prochain coup de rabot néolibéral : la suppression de l’encombrante notion juridique du  »principe de précaution » déjà fortement malmenée à l’occasion de l’installation des compteurs Linky et du réseau 5 G ?

Et que dire du rôle prépondérant pris ces derniers temps par le fameux  » Conseil de défense » à l’initiative du Président Macron. Conseil de défense, normalement dévolue à la stratégie militaire qui s’est réuni plus de cinquante fois depuis le début de l’année et qui statue sur des sujets hors de son champs de compétence tel le plan de confinement et dont le fonctionnement est rappelons-le, couvert par le secret défense. Bonjour la transparence !

Voudrait-on étouffer les opportunités de débat, pilier de la démocratie que l’on ne s’y prendrait pas autrement ?

Fort de ce climat malsain de déréglementation certains commencent même à envisager une remise en cause de la notion d’État de droit.

Il parait que c’est pour mon bien !

La pandémie aura permis aux dirigeants de nos démocraties de tester en grandeur nature le degré de tolérance des populations face à des décisions portant gravement atteinte à la liberté de circuler, de se réunir et de contester. Mais n’est-ce pas jouer avec le feu ? car après la période de sidération générée par les politiques et les professeurs de médecine auto-proclamés puis largement entretenue par les médias, le retour à la réalité risque d’être terrible, car au delà des morts les survivants meurtris mettront en cause la légitimité de leurs dirigeants et exigeront des comptes. Mais à quel prix ?

Et  »le petit peuple » ne devrait pas tarder à s’apercevoir que, question restriction des libertés , le coronavirus aura eu bon dos.

Dominique LAPIERRE

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