Sans opposition, l’unanimité est plus facile

Comme dans nombre de communes à liste unique, à Uhart-Cize la présentation du budget ne suscite aucune discussion.

Visiblement, malgré sa gratuité, le spectacle qui a débuté ce 28 avril 2026 à la salle Sabaïa d’Uhart-Cize n’a pas attiré les foules. Je suis le seul public venu voir opérer ces artistes de la gestion communale. Certes, pour annoncer cette tragi-comédie, la Maire n’a pas abusé de la publicité s’en tenant uniquement à l’affichage réglementaire sur le panneau municipal.

Me voilà donc installé à bonne distance des conseillers, sur l’une des deux chaises, pas une de plus, offertes au public près de l’entrée de la salle. A cette distance, même l’oreille la plus fine et la plus attentive a du mal à entendre le propos de la secrétaire de mairie qui égrène les dépenses puis les recettes budgétaires devant des conseillers tantôt l’air hébétés tantôt le nez sur les états financiers. Pourquoi n’est-ce pas la deuxième adjointe, déléguée aux finances qui présente le budget ? D’ailleurs connaît-elle la question ? C’est peut-être là un début de réponse. A Mouguerre par exemple, le budget a été présenté par l’adjoint aux finances. Étonnant non ? Pourquoi n’est-ce pas non plus la Maire qui, le budget étant un acte éminemment politique, avant d’aborder le détail des comptes, présente de manière synthétique les orientations et les objectifs qu’elle souhaite voir réalisés en 2026 ?

Des raisons de défiance :

Il est vrai qu’elle a été élue sans présenter de programme sinon de vagues intentions de style de gouvernance telles : « une mairie proche et utile » ou « un village vivant » ainsi que la préservation du cadre de vie. Chacun pourra comprendre ces slogans comme il veut. Mais au terme de la précédente mandature, la réalité est à l’opposé de ces prétentions affichées : bien des chemins et des petites routes communales sont dans un état déplorable, dans la traversée de l’agglomération les excès de vitesse sont fréquents, les inondations désastreuses sont récurrentes et un tag antisémite subsiste impunément depuis 10 mois route de Bayonne. La Maire manifestement n’engage pas les travaux indispensables pour l’entretien des routes et l’effacement des tags visibles sur la voie publique, elle n’use pas de ses pouvoirs de police pour réguler la circulation et faire mettre en place des ralentisseurs, enfin elle ne propose pas non plus à la CAPB des mesures utiles en matière de prévention des inondations comme par exemple des zones réservoirs naturelles sur les affluents des Nives.

Pour faire bref, comme vous l’avez deviné le budget 2026 s’annonce aussi peu efficace que celui de 2025, c’est à dire très insuffisant dans le choix des objectifs. Et néanmoins les conseillers posent rarement des questions, ne font pas de suggestions sinon l’un d’eux qui s’étonne à juste titre que le remplacement d’un véhicule d’entretien d’une vingtaine d’année ne soit pas prévu. La Maire attend sans doute la panne. S’agissant des ressources de la commune, aucune question n’est posée sur les locations des salles communales ni sur le loyer acquitté par Guzientzat pour l’espace de vie sociale. Dans ce cercle amical on évite les questions qui fâchent. C’est l’entente cordiale et c’est avec une belle unanimité que le conseil vote une majoration de 17 % de la taxe d’habitation dont le taux de 9,80 % en 2025 passe à 11,50% en 2026 pour les heureux propriétaires de résidences secondaires. En outre, la part communale de la taxe d’habitation sera soumise à la majoration maximale soit 60%.

L’absence de dialogue :

Si seulement ces ressources fiscales étaient utilement employées notamment pour la mise en place d’un site web, comme dans tant d’autres communes, par exemple Cheraute, sur lequel on peut découvrir notamment  l’ordre du jour des séances du conseil municipal ainsi que les comptes rendus des séances et les délibérations. A Uhart-Cize point de communication régulière et ouverte : il faut requérir l’information. Pourtant la promesse récente de campagne électorale affirmait « information plus régulière et claire ». Évidemment quand on a un bilan insuffisant et des promesses peu crédibles, la communication s’avère difficile. Alors ne rêvons pas, ce n’est pas demain que cette équipe municipale permettra aux Uhartiars de s’exprimer si d’aventure la mairie créait un site web. L’expression des Uhartiars risquerait de troubler la belle unanimité du conseil.

Gérard ROCHE

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