Le dealer et son client
La démocratie et l’argent, le couple le plus dysfonctionnel de l’histoire moderne.
La première dose est toujours à prix doux. Ensuite vous êtes accro. Pour finir vous faites n’importe quoi pour avoir la dose suivante. Ensuite on appelle ça votre «problème personnel». Le FMI, c’est ce dealer. Mais un dealer respectable avec un siège à Washington et un rapport annuel en quatre langues. (Note : cette série se veut pédagogique et satirique. Le FMI est une institution internationale sérieuse qui fait un travail très important. Voilà, c’est dit.)
Dernière question, et elle est simple : peut-on appeler «démocratie» un système dans lequel la ressource fondamentale de la société, la monnaie, est créée par des entités privées, non élues, non révocables par les citoyens ? Posez cette question à votre député. Observez la réponse. Chronométrez le temps avant qu’il change de sujet. C’est un excellent sport.
Les grands médias préfèrent détourner le stylo. C’est pratique : leurs actionnaires sont souvent les mêmes fonds qui détiennent des parts dans les banques qui créent la monnaie que les États empruntent aux marchés que ces mêmes fonds contrôlent.
La boucle est bouclée. Le cercle est fermé. Et vous êtes dehors.
Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
Des solutions existent mais on vous les cache poliment. Le documentaire n’est pas un film de désespoir. C’est important de le dire, parce qu’à ce stade de votre lecture vous êtes peut-être en train de regarder votre relevé de compte avec des yeux neufs et légèrement humides.
Des économistes, des militants, des juristes proposent des réformes concrètes depuis des décennies. Le mouvement Positive Money, porté notamment par Ben Dyson au Royaume-Uni, propose une réforme radicale mais logique : que seule la banque centrale crée la monnaie, et que les banques commerciales se contentent de prêter de l’argent qui existe réellement — comme vous avez toujours naïvement cru qu’elles le faisaient.
D’autres militent pour des monnaies locales (le Chiemgauer en Bavière, l’Eusko au Pays Basque, (Oui vive l’Eusko !) qui court-circuitent le système bancaire. Des banques coopératives, où les clients sont actionnaires et décident de la politique de prêt. Des systèmes de crédit mutuel entre entreprises, sans banque intermédiaire.
Ces solutions existent. Certaines fonctionnent très bien. Elles ne font pas la une des journaux parce que les journaux ont des actionnaires, les actionnaires ont des portefeuilles, les portefeuilles ont des intérêts, et les intérêts ont des intérêts sur leurs intérêts. Tout se tient. Admirablement. Lugubrement. Génialement. Rayez les mentions inutiles :-)))
BEKADUNA
Demain : « POURQUOI CE GRAND SILENCE »