Des circuits courts qui en disent long

Proximité ne veut pas dire simplicité. Surtout au Pays basque.

Face à l’enthousiasme des élus pour une alimentation locale, saine, durable, circuits courts, restauration collective de qualité et tout ça, un éleveur de nos amis ne cachait pas sa désillusion : « Je suis installé depuis 2019 et si j’avais dû attendre les commandes publiques, j’aurais mangé mes cochons pour ne pas crever de faim. Moi, je croyais que les circuits courts c’était : tu viens, tu goûtes, ça te plait, on fixe un prix et un coup de téléphone suffit pour commander ».

Oh le niais ! Oh l’ignorant ! La mairie d’Urrugne nous l’explique clairement : « L’administration française n’aide pas pour faire avancer les dossiers rapidement. »

Mêmes difficultés, apparemment à la municipalité d’Hendaye dont le projet emblématique – la ferme Legarralde – pourtant chère aux Abertzale, après que trois agriculteurs eurent jeté l’éponge et malgré l’arrivée d’une jeune paysanne, est inexploitée à 50 %. (1)

Bref, ces circuits courts ça doit être vraiment difficile à mettre en place. Nos élus doivent suer sang et eau depuis qu’ils s’escagassent, tant ils arrivent à un piètre résultat comparé à leur immense désir et surtout à leur opiniâtreté pour le rabâcher dans leurs bulletins de propagande.

Déjà en 2012, il y a 12ans, lors du passage de la Communauté de Communes en Communauté d’agglomération, le président Michel Hiriart écrivait :

Douze ans de réflexion pour raccourcir les circuits

Malheureusement, durant les 12 années suivantes, les bonnes intentions de nos élus furent étouffées dans l’œuf des poules locales restées dans leur poulailler. En 2018, la CAPB tape du poing et veut que « l’approvisionnement local dans la restauration collective atteigne 50 % en 2022 » Nos poules locales se planqueraient-elles ? À Urrugne par exemple, aujourd’hui, « nous ne sommes pas maître des fournisseurs de Scolarest » (société qui se charge de la gamelle de nos enfants).

« Projet, mission, stratégie, plan d’action, ateliers, groupe de travail, réflexion, préfiguration d’un futur conseil local de l’alimentation « , ça phosphore un max, mais la terre reste basse.

A se demander à quoi servent les efforts d’Isabelle Pargade (vice-présidente Agriculture et alimentation de demain à la CAPB) qui en 2022 déclarait prioritaires ces projets de restauration collective.

Jean René Etchegaray a des visions

Cette même année 2022, la CAPB, dans le cadre de sa compétence « promotion et soutien d’une alimentation saine et durable pour tous » fait le point. On comprend tout : ce projet de circuits courts, ce n’est plus qu’une vision ! On se disait aussi…..

L’envie de pisser ne crée pas la cuvette

Loin de mettre en doute la sincérité de nos élus quant au souhait de mettre en place circuits courts, alimentation locale, durable etc.. etc..  au-delà de leurs déclarations, où est le savoir-faire ? Pas plus que Michel Hiriart en 2012, les déclarations de la CAPB, de Kotte Ecenarro ou Philippe Aramendi sont de jolies phrases qui cachent une totale impréparation.

Engagement de Philippe Aramendi lors de la campagne électorale de 2014. Tout y est : production locale, cantines scolaires alimentées en produits de qualité etc..

Certes, Philippe Aramendi n’a pas été élu en 2014, mais aujourd’hui, maire depuis plus de trois ans « la propre cuisine centrale d’Urrugne devrait voir le jour en 2026 »

 En 2022, même musique : « contrat de prestation de service pour les écoles publiques pour un approvisionnement qualitatif de denrées alimentaires auprès de producteurs locaux » etc.. Contrat qui a manifestement foiré, puisque la municipalité n’est « pas maître des fournisseurs de Scolarest»

Et cette même année 2022, le « lancement d’une étude pour la construction d’une cuisine centrale » va démarrer. L’étude, pas la cuisine car deux ans après, on nous rassure : la cantine communale n’existe toujours pas et ne verra le jour que début 2026, .. peut-être !

De son côté, la CAPB rumine depuis 10 ans, son « chantier sur la gouvernance alimentaire » qui date de 2014/2016, présenté comme une plus-value ! Encore quelques années et ça deviendra un classique.

(Voir « Un territoire de projets, un projet pour le Pays Basque : Cahier 1 » sur le site de la CAPB (ref 3)

Aujourd’hui, 2024, comme disait l’autre : « Je sens que ça vient »

Déjà, l’intitulé « circuits courts » est rebaptisé « de la fourche à la fourchette » c’est bon signe ; on voit que certains ont acheté des bottes. Pour faire patienter, nous proposons pour les prochains épisodes « de la souche à la bouche » « du râteau au couteau » et si tout foire, «  de la farine à la famine »

A Hendaye, après le satisfécit reçu de Isabelle Pargade (1), entre la ferme Legarralde mal en point et la cantine, budgétée de seulement 25 000 € pour cette année (pour un montant total de 50 000 €), amenez vos casseroles.

Du côté d’Urrugne, certes, la cantine communale pour le moment n’existe pas, mais en attendant qu’elle voit le jour en 2026, la mairie va procéder à l’embauche du futur chef courant 2025. Ensuite un travail de collaboration avec les paysans intéressés sera mis en place par la commune.

A noter que les « paysans intéressés », eux, sont en place et attendent depuis, depuis, depuis …. Mais faut comprendre: certes, attendre 2026, c’est long, « mais ces actions sont incompressibles ».

Ça c’est une bonne raison : si c’est « incompressible », rien à dire. Va falloir demander à nos poules de serrer les fesses un peu plus longtemps.

En outre, l’embauche prévue d’un « chef maraicher » pour faire pousser des légumes, (on ne sait pas où, ce ne fut pas précisé dans le conseil municipal du 4 mars) ajouté à la recherche d’un chef cuisinier de la cantine, risque de retarder encore tout projet à cause de « l’administration française »

On n’a pas de bol.

Attendre que nos élus soient touchés par la grâce ?

Tout ça ne donne pas l’image d’élus à la hauteur. Est-ce le fait des cumuls des mandats, des manœuvres politiques, ententes et grenouillages derrière le rideau, ou comme conclut Mathieu Castaings dans notre article précédent (4) : « concentration boulimique du pouvoir, dérive autoritaire, manque de diversité et de représentation d’idées, absence de renouvellement de générations de politiques, risque accru de conflits d’intérêts et de clientélisme, gestion superficielle des affaires publiques »

Tout semble compliqué à dessein : études par-ci, comité par-là, création « d’outils de suivi des achats », « accompagnement à la rédaction des marchés », « groupe de travail « restauration collective » (depuis 2018), etc.. etc..  qui gère tout ça, qui en prend la responsabilité, qui supervise et coordonne tous ces machins éparpillés ?

Bonne nouvelle, sans toute cette usine à gaz, le collège Saint-François-Xavier d’Urrugne commande régulièrement des produits à notre ami éleveur avec un simple téléphone.

Amen

Michel GELLATO

  1. Voir notre article « A Hendaye, trop d’écologie tue l’écologie »
  2. Voir notre article « CAPB : pas un radis dans les salades hendayaises »
  3. https://www.communaute-paysbasque.fr/la-communaute-pays-basque/le-projet-de-territoire#ligne_0
  4. Voir notre article « Pour un Renouveau Démocratique au Pays Basque – En finir avec le Cumul des Mandats »

3 commentaires

  1. Lire l article de Arnaud duny Pétré dans enbata photo du mur que jean pierre çaldumbide a tague sur le mur de sa ferme au dessus de lactalis La Capb a entrepris un vaste montage pour une zad où seul un artisan reste interressé..pour permettre k agrandissement de lactalis Préfecture enquête publique ithurbelce Regardez y les réclamations dont celle de l’agriculteur jean pierre çaldumbide. Et les miennes J attire votre attention sur les conclusions du commissaire enquêteur qui bien que donnant un avis favorable s étonné que l argent public sert a un aménagement pour une entreprise privée

    Restant à votre disposition

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  2. Définition:

    Une communauté de communes est une catégorie d’établissement public de coopération communale (EPCI) à fiscalité propre créée en 1992.

    Elle regroupe généralement plusieurs communes sur un territoire d’un seul tenant et sans enclave.

    Elle exerce des compétences sur ce territoire à la place des communes dans des domaines comme l’aménagement de l’espace, le développement économique, ou encore la gestion des déchets.

    Je suggère donc, de mettre en place un plan de circuit court pour tous nos technocrates. Supprimez la CAPB et redonnez les pouvoirs à nos communes. Je vous assure que nos « poulettes » vous diront merci.

    Grand soutient et mille mercis à tous nos agriculteurs.

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