Béret contre képi à Urrugne

Le maire d’Urrugne Philippe Aramendi a reçu les consignes de 4 ministères pour accueillir les réfugies Ukrainiens mais a dû s’interposer en personne pour que son adjointe aux affaires sociales et sa fille ne soient pas mises en garde à vue pour avoir voulu aider des migrants.

Retour sur un fait divers, mais perturbant :

Le CCAS d’Urrugne accueille régulièrement pour quelques heures des migrants, pour qu’ils se reposent et se réconfortent avant que des membres de l’Association BIDASOA ETORKINEKIN se chargent de les conduire à Bayonne dans le centre d’accueil de Pausa.

Le samedi 5 Mars 2022 cinq immigrés se présentent à la porte du CCAS, bien sûr, fermée pour le week-end.

Alertée, madame Danièle BIDEONDO-BARON, adjointe au maire aux Affaires sociales se rend sur place et n’a d’autre solution que de conduire, avec l’aide de sa fille, ces cinq malheureux à Bayonne.

Stupéfaction, les militaires de Vigipirate interviennent et telles deux délinquantes, elles sont sommées de ne pas bouger avant l’arrivée de la police. Les deux femmes, qui rappelons-le agissent en accord avec la politique sociale d’accueil de tous les migrants décidée par la mairie, appellent aussitôt le maire Philippe Aramendi qui arrive juste à temps pour empêcher qu’elles ne soient embarquées manu militari.

Gênés par la déclaration du maire : « Si vous devez placer quelqu’un en garde a vue, c’est moi puisqu’elles ne font qu’agir dans le cadre de la politique d’aide aux migrants que nous avons décidé de mettre en place », les policiers acceptent de laisser les femmes « libres » et seul Philippe Aramendi se rend volontairement au Commissariat d’Hendaye. Là, il démontrera que l’on ne peut importuner ces personnes car leur intention de convoyer les migrants à Bayonne était bénévole, sans contrepartie et seulement motivée par leur élan de fraternité, ce qui ne constitue pas une infraction punissable conformément aux dispositions de l’article L 823-9 3° du Code de l’entrée et du séjour des Etrangers et du Droit d’asile.

Après des palabres de marchands de tapis, la police accepte que les deux dames ne soient pas placées en garde à vue mais soient seulement entendues dans le cadre d’une audition libre. Après 1 heure et demie d’audition, elles ressortiront libres. Affaire classée .. pas tellement car la raison n’en est pas moins sournoise :  le PV indique que le motif de leur « élargissement » est une « infraction insuffisamment caractérisée »

Ce qui en bon français laisse planer un doute quant à la sincérité de leur déclaration. Un des migrants leur aurait-il offert un grigri pour les remercier, cela aurait-il suffit pour caractériser une contrepartie ?

Heureusement le maire Philippe Aramendi a pu intervenir. D’autres personnes n’ont pas eu cette chance ; une dame de Biriatou âgée de 63 ans, pour la même raison, a passé une nuit en garde à vue et fut punie par un « rappel à la loi », car un « rappel à la loi » est un avertissement qui sera inscrit au Bulletin n°3 du casier judiciaire consultable par les seules autorités judiciaires.

Le dessinateur Laminak a très bien saisi la situation sur les migrants

Mais quelle est cette loi qui fait fi de la directive européenne 2002-90 du 28 novembre 2002 laquelle « prévoit de ne pas sanctionner l’aide apportée aux migrants dans un but humanitaire. » qui de même ignore les dispositions expressément prévues par l’article L 823-9 3° du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile ?

Quelle est cette « loi » qui transforme les élans du cœur en crime ? Qui oblige les honnêtes gens à regarder ailleurs quand quelqu’un souffre ? Est-ce le rôle de l’Etat de nous apprendre à devenir insensibles au désarroi des autres ? Est-ce le rôle de la police que pourchasser, et les migrants, et les citoyens qui les aident, au lieu de les protéger ? Dans notre Pays basque, des migrants se noient, d’autres se font écraser par les trains, et nous citoyens, devrions répondre par la même indifférence que celle des forces de l’ordre ? NON ! nous devons soutenir nos élus qui ne veulent pas de ça.

Michel Gellato

2 commentaires

  1. Le casier judiciaire numéro 3 (du moins un extrait) est à présenter pour travailler dans le médical, le Médico-Social, le social. Il est aussi « illégalement » demandé aux futures caissières de certains supermarchés et Leclerc est connu pour le demander régulièrement en disant que c’est optionnel. Ça peut être un frein pour retrouver un emploi ou garder un emploi… C’est donc pas anodin d’avoir une inscription sur le casier numéro 3…

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