Parole de mairie : bien fol qui s’y fie

Un agriculteur de Bidart manifeste le désir d’acheter un terrain non constructible où il entrepose du matériel depuis des lustres. Le maire, Emmanuel Alzuri achète le terrain au profit de la commune et le vire.

Pression démographique oblige, la commune littorale de Bidart ne compte plus que deux agriculteurs. Évidemment, lors des dernières élections municipales, le maire sortant Emmanuel Alzuri a sorti la charrue et les bœufs pour vanter le maintien des zones agricoles et la nécessité de soutenir les agriculteurs. Mis en confiance par ce discours, l’un des deux agriculteurs de Bidart qui élève des chevaux en bordure d’autoroute et de voie ferrée et utilise depuis des décennies un terrain SNCF attenant d’un dépôt pour y entreposer du matériel agricole, demande à acheter la parcelle qu’il occupe.

La mauvaise idée par excellence ! La mairie se souvient soudain de l’existence de ces terrains et décide d’acheter à la SNCF pour 8 100 euros ces parcelles non-constructibles afin d’y faire « une liaison douce entre la rue Burruntz et la rue Manchulas ». Décision d’autant plus surprenante qu’un chemin jamais entretenu situé juste à côté existe déjà.

Extrait de l’ordre du jour du conseil municipal du 11 octobre.

Inquiet l’agriculteur demande à Jeanne Dubois, élue d’opposition de la liste « Bidart de bon sens » de poser la question de savoir s’il pourra conserver la jouissance de la parcelle où il entrepose son matériel, lors du conseil municipal du 11 octobre 2021. La réponse est oui.

Dehors, l’agriculteur !

Mais, une fois le conseil municipal passé, la musique devient toute autre et l’agriculteur n’est plus qu’un gêneur dans le paysage. Réponse sans appel du premier adjoint Marc Bérart à l’opposition qui s’inquiétait pour l’agriculteur. « Comme vous le savez, pour tout bien immobilier, la valeur n’est pas la même s’il s’agit d’un bien libre ou d’un bien occupé (elle est généralement inférieure lorsque le bien est occupé, surtout si le bien est occupé sans versement de loyer). La délibération du Conseil Municipal, validée par le notaire de la SNCF, a donc bien été prise sur les bases d’une occupation libre de chacune des trois parcelles. C’est parfaitement clair dans les termes de la dite délibération et les conseillers l’ont voté ainsi. (…) Il s’agit donc d’une occupation sans droit, ni titre, au regard du droit de l’urbanisme, et du droit civil. »

Encore un agriculteur qui découvre que les belles envolées de campagne électorale et les promesses qui s’ensuivent d’élus désireux d’être reconduits, n’engagent que les imbéciles qui y croient.

Jean-Yves VIOLLIER

4 commentaires

  1. La commune peut difficilement acter officiellement l’occupation qui changerait le caractère du terrain. Est-il dit que l’éleveur devrait quitter les lieux ? Ou le laisse-t-on continuer à occuper sans droit ni titre ? Auquel cas, le propriétaire du terrain a changé, un chemin est aménagé et l’éleveur peut continuer à jouir de la partie non aménagée.
    Non ? Qu’en est-il ?
    Jacques Saury

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    1. Bonjour Jacques,

      Tu sais comme moi qu’entre les propos publics tenus par les élus et les actes, il y a parfois quelque écart. Il semblerait, et je dis bien il semblerait en espérant me tromper, que l’agriculteur qui entreposait ses outils sur ce terrain inutilisé soit mis en demeure de vider les lieux au plus vite. Ce qui est choquant, c’est qu’au dernier conseil, la majorité municipale avait affirmé le contraire.

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  2. Avez-vous vérifié que, cette personne possède bien le statut d’agriculteur « actif » , au sens fiscal et agronomique du terme , que les parcelles sont en continuité avec celles de sa présumée exploitation ou de son siège . il s’agit de 3 parcelles dont 2 en bois taillis , le long d’un chemin rural qui va s’avérer stratégique dans les circulations et les mobilités des 30 prochaines années au rythme de la bétonisation actuelle . soit pour désenclaver de nouvelles parcelles qui seront construites , soit pour établir une voie « douce » entre le plateau et Burruntz . ces parcelles comme par hasard ne sont pas continues , ni contigües malgré une numérotation proche .
    Anaia Arroil

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