Pourquoi la Pignada d’Anglet a brûlé !

Monsieur Christian Mutio, conseiller municipal responsable de la forêt, nature et espaces verts de la ville d’Anglet, fait feu de tout bois pour nous l’expliquer.

Monsieur Mutio est qualifié à plus d’un terme pour nous prodiguer son savoir : non seulement il est le Président depuis 15 ans de la société de chasse locale « Saint Hubert » dont les chasseurs, « tout au long de l’année, interviennent dans nos campagnes pour préserver l’environnement, restaurer sa biodiversité et sauvegarder la faune » mais il « a suivi plusieurs formations autour de l’agriculture et des espaces naturels ». Donc, quel meilleur choix pour avoir été désigné, à la fois conseiller municipal d’Anglet pour la forêt nature et espaces verts, et « chargé de mission espaces verts et naturels à la Communauté Pays Basque »

Histoire de faire le coup de feu (Sud-Ouest)

Aussi, nous reprenons l’interview enflammée qu’il a confié le 11 août 2020 au journal « les petites affiches »

D’abord Monsieur Mutio rappelle l’historique : « La forêt du Pignada n’est pas naturelle. Des familles d’agriculteurs et de maraîchers furent mobilisées pour planter des pins. Ils menaient leur troupeau de bovins, moutons, ramassaient du bois, utilisaient les aiguilles de pins et les brindilles pour faire du feu, les fougères pour la litière des animaux. Les habitants réalisaient également du gemmage (c’est-à-dire la récolte de la résine sur le pin vivant) « Ainsi ces familles, par une gestion autonome des ressources, permettaient un entretien continuel de la forêt »,

Ce qui s’appelle avoir le feu sacré du jardinage (Sud-Ouest du 08/10/2016

Mais tout comme l’incendie, la flamme de ces « mobilisés » s’éteint. Quand ils en ont eu marre, ils ont quitté la forêt. Fini « l’entretien continuel ». « À partir des années 1970 jusqu’à nos jours, a été pratiquée une gestion plus écologique que sécuritaire. L’accent a été placé sur la biodiversité » En Français de tout le monde : les propriétaires n’ont rien foutu !

Ah ça mais ! Qui sont ces propriétaires négligents ?

« Dans les années 70, dans le cadre d’un remembrement, et à cause d’un mauvais entretien de la forêt, les familles qui possédaient des parcelles ont été expropriées ; les terres se sont vendues, .. La forêt a été partagée entre trois gros propriétaires : la Ville d’Anglet, le Département et la Congrégation des Servantes de Marie ».

Récapitulons pour y voir clair ! : en 1970 sous prétexte de mauvais entretien, les propriétaires ont été expropriés et leur forêt vendue, et, depuis cette même date, 1970, les 3 nouveaux propriétaires « la Ville d’Anglet, du Département et de la Congrégation des Servantes de Marie » ont préféré mettre « L’accent sur la biodiversité » c’est-à-dire que la ville d’Anglet, le Département et nos bonnes sœurs ne s’en sont pas plus souciés que les anciens ! silence, ça pousse !

Auprès de mes arbres je vivais heureux

Tout s’explique et Monsieur Christian Mutio, en met sa main au feu : « Des strates de feuillus très secs ont accéléré l’embrasement » :  tellement accéléré, que des feuillus on n’en trouve pas dans cette forêt de pinèdes, mais, l’esprit certainement enfumé par l’émotion, il continue : « Car aujourd’hui, si la forêt s’est embrasée aussi rapidement, outre la sécheresse et le vent violent, c’est certainement par un manque d’entretien des sous-bois »

À qui doit on cette puissante analyse ? à Monsieur Mutio lui-même, responsable de l’entretien des forêts ! donc qui de mieux que lui sait ce qu’il n’a pas fait !?

Dans cette affaire, certes, comme adjoint au maire, plutôt qu’un chasseur ayant suivi des formations autour de la nature et des espaces naturels, un conseiller municipal plus à même des lois eut été un meilleur choix. Car, si d’aventure, les propriétaires de résidences endommagées lisent la loi, (ref 1&2) le maire risque d’avoir plus chaud au cul qu’en s’exposant à l’incendie.

« Afin de lutter efficacement contre les risques d’incendie, la loi impose aux propriétaires situés à proximité des bois et forêts de procéder au débroussaillage de leurs terrains. À défaut, le maire peut les mettre en demeure de s’exécuter et même faire d’office les travaux à leurs frais.« 

Si on peut comprendre que la Congrégation des Servantes de Marie était sûre de conjurer les flammes de l’enfer par quelques saintes prières, il n’en est pas de même du département et de la mairie d’Anglet : la loi lui imposait de débroussailler sous peine de lourdes amendes.

Monsieur Mutio, ainsi pris entre le marteau et l’enclume, vous voyez l’incendie sous son casque. Il se doutait « certainement » qu’il fallait faire quelque chose, et donc, en tant que conseiller municipal en charge de la programmer, il aurait dû demander à son maire, Claude Olive, qu’il demande au Maire Olive Claude de se mettre lui-même en demeure de débroussailler ! Bref, un peu compliqué pour quelqu’un qui confond feuillus et conifères ! Pas étonnant qu’il ne l’ait pas fait.

L’essentiel en enfer est de survivre ( Michel Audiard )

Mais maintenant que tout est éclairci, (autant que la forêt désormais), « À l’avenir, la sécurité dans la forêt du Pignada sera essentielle. D’ailleurs le maire d’Anglet, Claude Olive, avait déjà évoqué ce volet avec Christian Mutio, dès le début de son second mandat, il y a quelques mois : Il m’avait chargé d’en faire une priorité. » Priorité retardée par le Covid, n’en doutons pas !

« Un plan d’action environnemental va être élaboré avec l’appui des sapeurs-pompiers » Et ça tombe bien car la loi insiste : « En pratique, ce débroussaillage vise à faciliter l’intervention des pompiers en cas de feux de forêt, à protéger les habitations. »

Petite anecdote : les pompiers « autrefois connaissaient parfaitement la forêt puisqu’ils y effectuaient des entraînements. Pour certaines raisons, ils ont cessé d’effectuer leurs exercices… ». ah bon ! ils avaient peur d’embraser la « biodiversité » ? On aurait pu leur demander.

Les pompiers ont des raisons que la Mairie ne connait pas !

  1. (art. L .133-1 du code forestier)
  2. http://leparticulier.lefigaro.fr/article/debroussaillage-un-acte-citoyen-et-une-obligation/

Éric MENARD

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