La Banque centrale pour les nuls
Le renard construit le poulailler, rédige le règlement intérieur, et présente la facture aux poules.
Une banque centrale, c’est quoi ? Officiellement : la banque des banques. Elle prête aux banques commerciales, régule la monnaie, fixe les taux directeurs. Officieusement : une institution dont l’«indépendance» vis-à-vis des gouvernements élus est présentée comme une vertu sacrée, mais dont les dirigeants viennent quasi systématiquement du secteur bancaire privé et y retournent après leur mandat. Indépendante des élus, mais pas vraiment indépendante des banquiers. C’est ce qu’on appelle «la porte tambour». Elle tourne dans les deux sens. Mais toujours pour les mêmes.
Le documentaire rappelle la naissance de la Réserve Fédérale américaine en 1913 – la Fed, comme on dit dans les films – et c’est à ce moment que le film prend des airs de thriller. En novembre 1910, un groupe de banquiers parmi les plus puissants des États-Unis se retrouve en secret sur l’île de Jekyll, en Géorgie. Ils voyagent sous de faux noms. Ils n’ont pas le droit de se connaître officiellement. Leur objectif : rédiger discrètement la future législation bancaire américaine, qui sera ensuite présentée au Congrès comme une initiative d’intérêt général.
Résultat : la Fed est créée. Elle est présentée comme une institution publique. Elle ne l’est pas vraiment – ce sont des banques membres privées qui en détiennent des parts. Et l’État américain, pour se financer, doit lui emprunter de l’argent, de l’argent que la Fed crée – et payer des intérêts à ces mêmes banques membres.
Le cadeau de Pompidou à la banque Rotschild
En France, la situation est à peine moins savoureuse. En 1973, sous la présidence de Georges Pompidou – ancien directeur général de la banque Rothschild, détail purement biographique et sans aucune espèce d’importance -, une loi modifie les statuts de la Banque de France. Désormais, l’État ne peut plus lui emprunter directement. Il doit passer par les marchés financiers privés. Autrement dit : emprunter à des banques privées qui créent l’argent ex nihilo et touchent des intérêts réels.
En 1992, le traité de Maastricht grave ce principe dans le marbre européen. Les États membres ne peuvent plus emprunter à leur banque centrale. Ils passent par les marchés. On estime que ce mécanisme a coûté à la France plusieurs milliers de milliards d’euros d’intérêts depuis 1973 — de l’argent qui aurait pu financer des hôpitaux, des écoles, des infrastructures, de la recherche. De l’argent qui est allé dans les poches des créanciers privés à la place.
BEKADUNA
Demain : « COMME UN PROPRIO AVEC SON LOCATAIRE »