UNE NOMINATION QUI POSE QUESTION

Longtemps pressentie à la Communication, Sophie la fille de Didier Borotra se retrouve finalement à l’Urbanisme.

Trois règles de base dans le journalisme : Ne pas faire de procès d’intention car l’intention ne vaut pas l’action, laisser à une équipe nouvellement élue le temps de s’installer avant de critiquer, avoir conscience qu’un humain évolue tout au long de son existence et qu’il peut changer, voire s’améliorer.

Si le « gouvernement Blanco », annoncé ce matin dans « Sud Ouest » (2/4) paraît plutôt compact et cohérent, avec Philippe Nalpas aux Finances, Joël Cazaux à la Culture ou Corine Martineau au Commerce, un nom retient l’attention : celui de Sophie Borotra, fille de l’ancien maire de Biarritz.

Sud Ouest, 2/4/2026.

Sophie Borotra, comme nombre de fils et filles d’élus, a en effet une longue histoire personnelle liée à la vie publique et un parcours qui n’a pas toujours été linéaire. Assistante parlementaire de son sénateur de père, alors qu’elle vivait à… Bogota, ce qui représente tout de même une curiosité dans la vie publique française, elle a émargé ensuite à La Cité de l’Océan pour « aider à réaliser des économies », tandis que son père affirmait la main sur le cœur devant le tribunal correctionnel de Bayonne puis la Cour d’appel de Pau ne pas avoir été informé de cette nomination (Il sera finalement relaxé ainsi que sa fille et la directrice de la Cité de l’Océan). Depuis, elle est directrice des halles de Pau, mais pas certaine de conserver son poste depuis la défaite du maire François Bayrou.

Pourquoi un poste aussi exposé ?

L’envie de Sophie Borotra de goûter à son tour aux joutes électorales et de marcher sur les traces de son père, est respectable. On dit que les anciens contrebandiers font souvent les meilleurs gendarmes et l’on espère que la colistière de Serge Blanco saura tirer les leçons des erreurs passées, les lois sur la moralisation de la vie publique s’étant bien durcies depuis l’époque où son père était à la tête de Biarritz.

Reste cette désignation à la tête de l’Urbanisme qui laisse un peu perplexe. Pendant des décennies à Biarritz, ce poste était celui de toutes les magouilles, de tous les petits arrangements avec les copains. En 2014, Nathalie Motsch dont l’intégrité ne saurait être mise en doute, avait découvert que son service agissait dans son dos avec Veunac. En 2020, Maider Arosteguy a eu la main heureuse en désignant à ce poste Maud Cascino, une élue intransigeante qui a rendu sa dignité à ce service. Au point que Maider Arosteguy, il y a quelques mois, répétait à qui voulait l’entendre, qu’elle n’allait pas conserver Maud Cascino dans la liste car « elle était trop honnête ». Une réflexion qui en dit long sur ce qu’est l’Urbanisme dans une ville côtière soumise à une pression démographique folle.

Bien évidemment, on espère que le passé est le passé et on souhaite à Sophie Borotra, la même vertu, la même intégrité que celle qui lui a passé le flambeau. Mais fallait-il pour ses débuts en politique lui confier un poste aussi exposé ? Je suis loin d’en être sûr et j’espère juste qu’elle infligera à mes réticences actuelles un démenti éclatant.

Jean-Yves VIOLLIER

Un commentaire

  1. A ce poste, son défunt père avait nommé en 1991 un architecte de ses amis: si bien que ce professionnel déposait des permis de construire qu’il approuvait ensuite en temps qu’élu !

    Devant mes protestations, le copain architecte avait été affecté aux jardins !

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