DEUX MANDATS ET PAS PLUS ?

Cinquième mandat pour Alain Iriart à Saint-Pierre d’Irube, quatrième pour Kotte Ecenarro à Hendaye, troisième pour Claude Olive à Anglet et Jean-René Etchegaray à Bayonne. Ces élus ne sont nullement en cause pour leur probité, mais est-ce raisonnable d’exercer la même responsabilité pendant aussi longtemps et est-ce que ça ne « tue » pas une génération montante ? L’avis des membres de RamDam.

Limiter les mandats et quitter la scène tête haute

« À force d’accepter les honneurs, on croit qu’on les mérite » cette phrase rapportée par une amie explique-t-elle l’appréhension des élus à redevenir des citoyens ? Est-ce la croyance, injustifiable, que sans eux aucun autre ne saurait faire ? Est-ce le désir de montrer aux groupes d’opposition qu’ils ne sont pas à la hauteur ?

Quant à l’Agglo, ou le Département, dont le rôle de conseiller technique, logistique, juridique etc.. parait peu évident tant nombre de maires de petites communes se disent se sentir seuls, qu’apportent-ils de plus que distribuer l’argent des citoyens – et sans demander leur accord – aux maires. Les maires qui en ont le plus besoin ou ceux qui savent le mieux quémander ? Plaçant ces élus en situations « d’obligés », est-ce que cela ne se rapproche pas d’une sorte de clientélisme confortant la place du président ?

Limiter les mandats serait l’occasion de quitter la scène politique la tête haute sans subir l’humiliation de se sentir rejeté. Est-ce si terrible de ne plus être « Monsieur le maire », ou « Monsieur le président » ?

Michel GELLATO

Longévité et démocratie ne vont pas toujours de pair

Les élections municipales à peine terminées, les installations des édiles et de leurs conseils municipaux en cours, nous observons le renouvellement sans fin des mandats des maires sortants. À l’exception de la ville de Biarritz, quatre mandats, quatre maires différents élus ! Serait ce une exception locale ?

Comme beaucoup d’entre nous je m’interroge sur ce phénomène. Si le ou la première magistrate de la ville est réélu(e) au fil des mandats, il est légitime de penser qu’elle ou qu’il a acquis la confiance des électeurs et que celle-ci lui est renouvelée à chaque élection. Seules les équipes municipales sont modifiées et rajeunies, souvent pour suivre l’évolution de l’électorat.

Qu’y a-t-il de mal a cela ? Rien si ce n’est que la longévité n’est pas toujours synonyme de démocratie.

J’entends par là qu’une implantation de longue durée d’un édile crée des comportements, des réflexes, des alliances, des réseaux qui deviennent incontournables, pour qui voudrait apporter une autre voie. C’est un constat que nous pouvons tous faire lors des campagnes électorales. Leur couverture médiatique selon les candidats le prouve.

Limiter le nombre de mandats serait il la solution ? Avoir de nouveau recours à la loi pour modifier le code électoral m’indispose quelque peu. Faudra-t-il toujours suppléer aux individus qui se pensent irremplaçables ou qui ne veulent pas céder la place ? Peut être devra-t-on y arriver.

Il en sera sans doute de même pour les élu(e)s à la CAPB dont le fonctionnement et les compétences restent obscures pour la majorité des concitoyens. En l’état actuel sur chaque liste présentée aux élections municipales des candidats sont choisis pour siéger à la CAPB ;

Choix incontrôlable par les électeurs puisqu’en votant pour leur candidat ils entérinent une liste intouchable sauf à rendre le bulletin de vote nul !

Cette méthode éloigne un peu plus les électeurs de leurs représentants locaux au profit d’une organisation où l’opacité reste la norme. Les maires élus se trouvent automatiquement vice présidents de l’Agglo et sont donc pour leurs administrés la seule voie possible de renseignement !

Revoir cette organisation me semble illusoire même si démocratiquement elle est souhaitable. Les administrés dans les régions (quand ils connaissent le nom de leur maire) ne connaissent que le premier magistrat de la ville et pas le nom et les fonctions des membres du conseil municipal.

Avant toute réforme à mes yeux c’est d abord un travail de communication sur nos institutions, leurs compétences, que nos collectivités locales devraient mener auprès des administrés. Cela constituerait un premier pas.

Pascale VIOT

2 commentaires

  1. Ces textes dressent un constat convergent : la démocratie locale s’est progressivement dévoyée sous l’effet de la professionnalisation des élus, de la concentration du pouvoir et de l’éloignement des citoyens.

    Le mandat municipal, autrefois temporaire et désintéressé, tend à devenir une carrière, favorisant logiques de réélection, réseaux d’influence et parfois dérives (clientélisme, conflits d’intérêts). La longévité excessive des maires renforce ces mécanismes en verrouillant le jeu démocratique et en limitant le renouvellement.

    Enfin, l' »apathie citoyenne » (faible participation, listes uniques, méconnaissance des institutions) est interprété comme une conséquence directe de ces dérives. Lorsque les règles du jeu paraissent verrouillées ou peu lisibles, l’intérêt pour la chose publique décline mécaniquement.

    Parallèlement, la commune perd en autonomie réelle au profit de structures supérieures souvent opaques, tandis que le maire demeure localement un acteur central, accentuant une personnalisation du pouvoir. Cette double dynamique nourrit la défiance et le désengagement des citoyens.

    Dès lors, limiter les mandats apparaît comme une mesure essentielle pour restaurer l’équilibre démocratique et redonner à l’engagement politique son caractère temporaire.

    Comme le rappelait Alexis de Tocqueville : « C’est […] dans la commune que réside la force des peuples libres. » Or, dans notre système jacobin, cet idéal est aujourd’hui détourné : la politique, devenue un métier, ouvre la voie à des formes de pouvoir local excessif, où le maire peut aisément dériver vers une position de quasi « dictateur local ».

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  2. Si on rajoute :

    – un vote à un seul tour à la proportionnelle,
    – une « interdiction-sous-peine-d’amende » ou mieux d’inéligibilité jusqu’à la prochaine élection de même nature quand ces élus démissionnent parce qu’ils ne sont plus majoritaires et ne veulent donc pas siéger dans l’opposition (ce qui s’appelle se moquer complètement des citoyens qui les ont soutenu et voté pour eux),

    Peut être y aura-t-il une plus de contradiction et d’échanges au sein des conseils municipaux ?

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