La Négresse : le jeu trouble d’Arosteguy

La Cour administrative d’appel de Bordeaux a rejeté le recours de Biarritz. Personne n’a été dupe de la manœuvre électoraliste de Maider Arosteguy qui annonce vouloir aller devant le Conseil d’État.

Il était tellement évident que le coup de « On n’a pas retrouvé la délibération du 22 octobre octobre 1861, donc on ne peut pas annuler une délibération qui n’existe pas »  était une façon d’amuser la galerie, mais certainement pas Galéry Gourret Houssein, l’ancien conseiller municipal à l’origine de la polémique autour du quartier de La Négresse, qui affirme avoir eu entre les mains aux archives départementales cette délibération.

La Cour d’appel n’a pas été dupe de cette manœuvre juridique vouée à l’échec, mais très porteuse politiquement pour l’équipe d’Arosteguy, estimant que « La cour n’a commis aucune erreur matérielle dont la rectification pourrait être demandée ».
Et encore une défaite pour maître Cambot, avocat de la Ville !

Trois groupes, de tailles très différentes, s’affrontent actuellement à Biarritz au sujet de la nécessité de rebaptiser le quartier de La Négresse. Une toute petite minorité, dont je fais partie, estime que ce nom raciste, sexiste, d’un autre siècle, doit être changé. Une grande majorité de Biarrots, nullement xénophobe, éprouve un légitime réflexe de nostalgie de l’enfance et ne voit pas pourquoi on devrait changer, même si dans un monde qui évolue sans cesse, on peut espérer qu’ils comprendront avec le temps la légitimité du combat mené par « Mémoires et partages ». Et puis, comme toujours quand il y a une polémique, un petit groupe de gros bourrins racistes profite de l’occasion pour s’en donner à cœur joie : « On va te mettre dans un coffre de voiture » « On va te jeter dans l’Adour », « On sait où tu habites. » et proférer des insultes indignes en 2025.

Il est tout de même effarant qu’une tenace conseillère municipale d’opposition comme Lysiann Brao, pas spécialement réputée pour avoir la langue dans sa poche et peur de son ombre, refuse de parler à la journaliste de Sud Ouest (16/4) Véronique Fourcade, tout comme Marie Darrieussecq ou Alain Gardinier, ce qui signifie que le débat démocratique est confisqué au profit d’activistes menaçants, avec le soutien implicite de la mairie.

Si un drame venait à se produire, ce que je ne souhaite nullement, la responsabilité de Maider Arosteguy, chargée d’apaiser les conflits et de veiller à l’ordre public en tant que maire, ne serait pas moindre. C’est elle qui a organisé une réunion publique et ouvert des cahiers de doléances pour protester contre une décision de Justice, c’est elle qui a annoncé que la Ville va faire un recours au Conseil d’État, ce qui est une façon de gaspiller de l’argent public et surtout de tisonner des braises incandescentes.

Les convictions doivent passer avant la situation personnelle

Car Maider Arosteguy a bien capté, à un an des élections municipales, le profit électoral qu’il y avait à tirer de la situation au moment où le dossier Aguilera patine plus que sérieusement. Reste une incohérence majeure que RamDam va se faire un plaisir de vous démontrer pour peu que vous soyez convaincus que, lorsqu’on fait de la politique, on doit faire passer ses convictions politiques avant sa situation personnelle.

En allant au Conseil d’État, Maider Arosteguy, ne risque absolument rien et, avec l’argent des Biarrots, peut jouer l’ardente protectrice de Biarritz, malgré des chances très faibles de l’emporter. En refusant, en revanche, lors du prochain conseil municipal du 5 mai prochain de débaptiser la rue de la Négresse, Maider Arosteguy peut se retrouver inéligible. Ce qu’elle a reconnu du bout des lèvres lors de la réunion publique au casino Bellevue : « Je n’ai pas envie de voter cette décision, mais je ne vais tout de même pas risquer l’inéligibilité ».

C’est là que le bât blesse. Quand on fait de la politique, quand on a des convictions, on va au bout de sa démarche. Si Maider Arosteguy a le sentiment que la décision de Justice est inique, si Maider Arosteguy ne peut envisager l’avenir de sa Ville avec un quartier de la gare débaptisé de son nom d’origine, alors qu’elle aille au bout de sa démarche politique en mettant en jeu son poste et en refusant de se plier le 5 mai à l’injonction de Justice, puisque c’est sa conviction.

Dans ce cas-là, je respecterai totalement, même si je ne suis pas d’accord avec elle, le courage politique du maire de Biarritz. Mais pour le moment, cette façon de tisonner les braises, d’exciter les Biarrots les plus primaires, et d’aller en Justice uniquement quand on sait qu’il n’y a pas de risques et que son poste de maire n’est pas en jeu, relève de l’électoralisme le plus détestable et non du courage politique.

Jean-Yves VIOLLIER

4 commentaires

  1. Désolé cher monsieur Viollier je sais que quelquefois vous avez des petits arrangements avec la vérité ! Mais je n’ai pas retiré ce post et je l’assume totalement . Et oui monsieur Diallo n’est pas seulement un président associatif c’est un élu EELV et donc fait bien de la
    Politique politicienne sur ce sujet ….

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    1. Je prends acte. Mon grand âge a fait que je n’ai pas retrouvé votre post au moment où je l’évoquais dans l’article. Un bon point pour vous. En revanche votre commentaire « La photo donne envie »… ne me paraît pas du meilleur goût.

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