Pour un Renouveau Démocratique au Pays Basque – En finir avec le Cumul des Mandats

Nos sympathisants ont du talent! La preuve avec cette tribune libre que nous publions avec l’accord de l’intéressé. Cumul des mandats d’Olive et Etchegaray, baronnie Brisson, non renouvellement de la vie publique, tout y passe…

Dans le labyrinthe politique basque, et en dépit des réformes, l’Hydre du cumul des mandats repousse avec plus de têtes.

En France et particulièrement au cœur du Pays Basque, la pratique ancestrale du cumul des mandats, incarnée par des figures politiques de Bayonne, Anglet, et Biarritz, soulève une interrogation fondamentale sur la santé de notre démocratie locale.

Les chiffres des déclarations d’intérêts de certains de nos élus ne mentent pas. A deux mandats du record de France, Claude Olive cumulait 24 mandats et fonctions simultanés en 2022, tandis que Jean-René Etchegaray en cumulait 20 ! Le sénateur Max Brisson poursuit quant à lui sa quête acharnée, désormais familiale, d’accumulation de mandats dans le temps depuis 37 ans de vie politique.

Cette overdose de pouvoir n’est pas seulement un symptôme d’une époque révolue, elle est un obstacle majeur à notre vitalité démocratique. Concentration boulimique du pouvoir, dérive autoritaire, manque de diversité et de représentation d’idées, absence de renouvellement de générations de politiques, risque accru de conflits d’intérêts et de clientélisme, gestion superficielle des affaires publiques, indemnités inégalitaires, défiance citoyenne galopante et montée des extrêmes sont autant de questions soulevées par le manque criant de régulation du cumul de mandats.

Le maire d’Anglet : « C’est moi qui tiens le stylo » : la tentation autoritaire face à l’absence de contre-pouvoirs

Loin d’enrichir la prise de décision politique par une expérience accrue, le cumul des mandats, en permettant à une poignée d’individus de contrôler une multitude de leviers décisionnels, érode les principes fondamentaux de notre démocratie. Il instaure un climat où la décision est monopolisée, où l’alternance politique, pourtant essentielle à la vitalité d’une démocratie, est entravée. Comment un individu peut-il prétendre gérer avec diligence et attention les multiples facettes de 24 mandats dans un mois où l’on travaille 21 jours ? Cette surcharge mène inévitablement à une gestion superficielle des affaires publiques, où les décisions peuvent être prises en dépit des besoins réels des citoyens, en portant en elle les germes d’une dérive autoritaire.

Une Entrave au Renouvellement Politique – Des générations sacrifiées

Plus alarmant encore, le cumul des mandats verrouille notre système politique, empêchant l’émergence de nouvelles voix et idées. Chaque mandat monopolisé est une opportunité perdue pour des citoyens désireux de s’investir dans la vie publique. En limitant le renouvellement de notre classe politique, nous nous privons de la diversité et de l’innovation nécessaires pour faire face aux défis contemporains, celle de nos jeunes, des meilleurs spécialistes dans leur domaine, de la diversité de milieux sociaux. Avec tout le respect pour nos aînés qui doivent être représentés, la moyenne d’âge des conseillers municipaux d’une commune comme Anglet culmine à 62 ans (à comparer à la moyenne d’âge des habitants d’Anglet qui est de 48 ans soit 14 ans de moins, tandis que la moyenne d’âge française est de 42 ans soit 20 ans de moins !).

Quand l’art de la politique devient l’art de conquérir, exercer, et … conserver (et confisquer) le pouvoir, plutôt que de le transmettre. Nous ne pouvons que saluer la décision volontaire du Maire de Tarnos de transmettre son siège à mi-mandat ou celle de la Maire de Poitiers de ne pas accepter la Présidence du Grand Poitiers, sans s’en satisfaire tant que la loi n’aura pas évolué.

Le jeu des casquettes à Anglet : une anomalie démocratique

Claude Olive travaille souvent avec Olive Claude. Parfois en exprimant son désaccord avec lui-même sur le dossier Juzan (“gisement stratégique foncier” pour la CAPB dont il est Vice-Président, devenu “forêt à préserver” pour la Mairie d’Anglet après une pétition de 75000 signatures). En d’autres lieux, il a également stoppé un chantier avec son rôle Maire, pourtant porté par l’Office 64, dont il est le Président, sur le dossier du site rempli de déchets à BAB2 soulevé par Hugo Clément, responsabilité qu’il aura totalement rejeté sur Carrefour Property avec une argumentation largement couverte par la presse locale, en dépit de l’évidence. (comme illustré ci-dessous).

Quand empilement rime avec inégalités d’indemnités

Aux jeux du cumul, les médailles olympiques pleuvent chez les maires des villes les plus peuplées. Et le prize money, les gains de jeu, avec.

A l’heure où les fonctions (syndicats mixtes, sociétés d’économie mixte, associations publiques et parapubliques, …) complètent les mandats électifs, la prime aux responsabilités est corrélée au poids des villes.

Tandis que 99% des maires perçoivent une indemnité inférieure au salaire moyen français, et que la question de leur statut est régulièrement et légitimement soulevée dans les médias et dans différentes études, certains maires ne s’en plaignent pas.

En additionnant quatre mandats rémunérés, Claude Olive cumulait ainsi l’équivalent de 7000€ net soit 10000€ brut mensuel en 2019, sans compter tous les remboursements de frais et autres rémunérations privées (pension de retraite en l’occurrence) qui lui sont dus.

Loin de nous l’idée d’en faire un sujet populiste, cet état de fait pose a minima 2 questions : l’attraction d’élu·es pour l’immense majorité des “petites communes”, et la question de l’équité entre élus de villes peuplées et moins peuplées.

Méritocratie ou Héritocratie à Biarritz : quand la Baronnie Brisson devient Dynastie

À Biarritz, la scène politique locale témoigne d’une ambition qui transcende les générations au sein de la famille Brisson. Max Brisson, figure emblématique qui approche la quarantaine d’années de mandats consécutifs, vient de reprendre les rênes de la Présidence des Républicains 64 au côté de sa fille, Emmanuelle Brisson, nouvellement membre du bureau. Cette manœuvre stratégique ne s’arrête pas là : Emmanuelle Brisson, avec le lancement d’une nouvelle association de jeunes à Biarritz, jette les bases de sa candidature aux élections municipales de 2026 en même temps qu’elle noue des pourparlers pour intégrer la future liste municipale de Maider Arosteguy.

Vers une Démocratie Renouvelée – Suivi et limitation du cumul

A l’heure où seulement 31% des français font confiance au système démocratique actuel, une mobilisation collective semble nécessaire pour exiger une législation plus stricte contre le cumul des mandats : suivi statistique, encadrement plus strict, … le temps est venu de briser les chaînes de la tradition pour ouvrir la porte à une démocratie plus dynamique et représentative, mais aussi à une démocratie de l’engagement, plus participative et délibérative, sans perdre de vue l’enjeu d’efficacité. Une telle réforme ne serait pas une contrainte, mais une libération du potentiel démocratique de notre territoire. Elle favoriserait une gouvernance plus attentive et réactive aux besoins des citoyens, tout en garantissant un renouvellement constant de notre paysage politique. Cette réforme renforcerait la limitation du cumul de mandats, simultanément et dans le temps.

Un Engagement Nécessaire pour le Pays Basque – Débat et Suffrage Universel

Le débat sur le cumul des mandats ne concerne pas seulement les politiques et leur dépendance au pouvoir ; il nous touche tous. Chaque mandat cumulé est une voix qui s’estompe, une idée qui ne voit pas le jour, une innovation qui reste lettre morte. Pour le bien-être de notre démocratie et le futur d’Euskal Herria, il est impératif de rompre avec l’Hydre du cumul des mandats. Un débat transpartisan associant la société civile serait opportun pour tirer un bilan démocratique de la CAPB, 7 ans après sa création. Il pourrait porter la voix pour une élection au suffrage universel des élus de collectivités comme la Communauté d’agglomération du Pays Basque qui détient de plus en plus de responsabilités et gère 1200 agents, soit bien plus que n’importe quelle commune du Pays basque. Engageons-nous ensemble pour un renouveau démocratique, pour une société où chaque voix compte, où la diversité des représentations, des participations et des engagements forge la force de notre collectivité.

Mathieu CASTAINGS

5 commentaires

  1. et que dire du député maire d Urrugne, Daniel Poulou, député durant 24 ans, sans jamais avoir été élu? Suppléant de MAM, il la remplaçait automatiqement quand elle était appelée au gouvernement.

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    1. Pcomment oublier les 4 mandats de député du maire d’Urrugne, Daniel Poulou, qui siégea 24 ans a la chambre des députés sans jamais avoie été élu? suppléant de Michele Alliot Marie , il la remplacait automatiquement dès qu’elle était devenue ministre.

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  2. Claude Olive s achete la médaille de chevalier de la légion d’honneur…Pour sa mairie…tocratie sans doute.Il veut rentrer dans la cour des grands…il devrait méditer la fable de La Fontaine….une grenouille vit un bœuf…Heureusement Les socialistes arrivent avec Mme Capdevielle…et il va devoir répondre de la crise du logement d abord.

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