Ramdam soutient Anticor, mais ….

Dans son livre « sept ans de solitude », le fondateur d’Anticor, le juge Halphen témoignait d’une vision bien pessimiste de la société dont il avait combattu la corruption.  

« On aimerait se dire que les choses peuvent changer, que les hommes politiques vont un jour accepter de respecter un code de bonne conduite, que les patrons vont eux aussi revenir aux pratiques saines du marché. Je n’y crois pas beaucoup. La corruption a de trop beaux jours devant elle pour y renoncer comme cela. Tant qu’il n’y aura pas une véritable volonté politique de changement, l’entêtement et la persévérance de quelques juges ne pourront rien. »

« Le salut ne peut venir que de la prise de conscience des citoyens dans ce monde où dominent l’argent et la corruption. C’est au citoyen des pays riches de réagir. À lui de prendre le relais. S’il ne le fait pas, s’il se contente de son statut de consommateur mouton vautré dans une société de loisir et d’égoïsme, alors rien ne changera. »

C’est animé de cette volonté de porter le citoyen au cœur de la lutte que le juge Halphen a créé Anticor.

Anticor aurait pu devenir une belle machine, chaque jour plus redoutable. Aujourd’hui, le gouvernement a refusé à Anticor son agrément qui lui permet d’intervenir dans des dossiers de lutte contre la corruption. Que s’est-il passé ? Une coalition des politiques pour museler Anticor ? Non ! Même si beaucoup doivent en être satisfaits, Anticor s’est tiré une balle dans le pied par son fonctionnement opaque, rigide, refusant toute délégation à ses fédérations avec comme résultat, des luttes et des procès en interne.

Pour Ramdam, qu’une association de premier plan qui luttait contre la corruption perde ses moyens d’action est une grande déception, mais pas une surprise. Rappelons que Ramdam64-40 fut créée en 2018 par des membres d’Anticor du 64 qui ne se reconnaissaient pas avec le mode de fonctionnement de cette association. Plutôt qu’alimenter leurs conflits internes, nous avons préféré nous retirer et nous rendre autonomes. Nous en avons tiré des enseignements, en premier lieu que la présidence de Ramdam ne dure qu’un an.

Mais Anticor n’est pas mort, au-delà de cette étrange dérive parisienne, nous espérons sincèrement qu’Anticor, sous son nom actuel ou sous un autre, se rétablira ; que cet interlude malheureux lui sera salutaire ; qu’il redeviendra ce que nous espérions tous, car pour se battre contre la corruption, il faut être incorruptible. Bon nombre d’adhérents avec qui nous sommes restés en contact, le sont.

Ramdam s’adresse aussi au gouvernement. Nous estimons qu’il est tout à fait anormal que ces agréments soient à la discrétion du ministère des Affaires étrangères (?) c’est à dire par l’autorité politique (qui ne peut par définition etre impartiale), et non par une autorité indépendante, la HATVP par exemple, comme beaucoup le demandent.

En conclusion Ramdam ne peut que déplorer la mise à l’écart d’Anticor. Mais l’espoir demeure, les militants sont en place, l’organisation existe, une autre équipe doit reprendre le flambeau, redéfinir un mode de fonctionnement qui permette à là déontologie chère au Juge Halphen de pleinement s’épanouir.

3 commentaires

  1. Oui, mais peut-on être juge et partie à la fois ? quand la politique rejoint la justice on peut se poser vraiment la question sur la justice, quelle justice ? une justice partisane ?….malheureusement la dérive est là…Amen.

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    1. C’est marrant, il existe des options « indésirable » ou « spam » ou tout simplement se désabonner, sans l’annoncer ostensiblement sans plus de commentaire. Nous aurions été intéressés de connaitre les raisons de votre courroux.
      Dommage
      MG

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