Avec la LGV, ça sent le Rousset

Le président de la région Nouvelle-Aquitaine affirme que la LGV n’aura aucun impact sur l’environnement. Défense de rire!

Il a dû être épaté le ministre de la transition écologique Christophe Béchu venu rencontrer Alain Rousset ce 1° décembre à Bordeaux pour lancer la COP de la Nouvelle-Aquitaine (1) Car notre Alain Rousset est un grand écolo et un grand pédagogue. Et le résultat est là : à la sortie d’une réunion entre le ministre et notre Alain Rousset, (réunion hors presse, donc on ne sait pas ce qu’ils ont dit), bref le résultat est là : le tableau suivant qui compile la réduction des émissions économisées de CO2. (2)

Enfin le résultat « sera » là. L’emploi du participe passé pour parler du futur « économisés entre 2019 et 2030 » peut faire naitre quelques suspicions. En toute rigueur,  ce beau coloriage aurait du être divisé en deux : le premier : ce qui a « été économisé » de 2019 à 2023 et le second : l’estimation de ce qui « sera économisé » d’aujourd’hui à 2030.

Mais nous n’allons pas pinailler ; les déclarations passées de notre Alain Rousset sont là pour démontrer son expertise et ses capacités pour une écologie quasiment miraculeuse.

Une démonstration qui a laissé tout le monde muet

Le 16/11/2023, dans le cadre d’une rencontre à Sciences-Po Bordeaux affichant au programme « La quête du Vrai – Journaliste, acteur ou témoin ? » Alain Rousset dut aborder le projet de la LGV. Il a manifestement rassuré l’auditoire et même ceux dont « il a dénoncé le virage « sectaire » d’une certaine écologie » (3) puisque nul ne lui a opposé la moindre contradiction. Bon, il faut dire qu’aucune question de la salle n’était admise. Ça aide.

Certes, quelques trublions ont bien essayé de se faire remarquer, arborant des pancartes peu colorées, bien ridicules et sans importance puisque Sud-Ouest les a châtrées de l’image originale ci-dessous.

Le réparateur de dé-faillance

Sur ces 5 000 hectares, il y aura bien sûr, quelques bouleversements mais “Les destructions seront réparées” On respire. C’est à dire que, il le faut bien, les conditions de vie des espèces seront rasées, mais quelque part ailleurs, on va leur faire un nid douillet. Et si les survivants des espèces ratiboisées ne s’y installent pas pour s’y reproduire, ce n’est pas la faute de Rousset quand même.  Peut-être à Darwin, qui sait ?

D’ailleurs le projet est tout ce qu’il y a de plus généreux pour les bestioles ; le tableau ci-dessous produit par SNCF Réseau établit le bilan des enjeux fonciers du projet.

Certes, 1230 hectares de terres agricoles, et 2850 hectares de forêts vont y passer. Mais compensées – largement – par 500 hectares boisés, soit 17 % . Bon, il faudra dire aux bestioles d’attendre que ça pousse pour s’installer, mais vu la mortalité lors de la déforestation, elles ne vont pas être plus serrées qu’avant.

Ça rétrécit au lavage de cerveau

D’ailleurs, notre Alain Rousset, certainement après étude plus approfondie de ses coloriages, revoit largement à la baisse l’impact environnemental. Non, ce ne sont plus 5 000 hectares concernés (Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax) mais seulement 700.

Alain Rousset va-t-il en voir de toutes les couleurs ?

Mais puisque le ministre et notre Alain Rousset aiment les coloriages, nous en avons quelques-uns à leur présenter. Nous avons choisi le plus joli : la « Vulnérabilité des aquifères » ( Enquête publique sur le GPSO, Pièce F – étude d’impact, Réseau Ferré de France, 2014.)

Nous possédons d’autres coloriages sur ce même sujet, mais c’est juste pour faire joli car notre Alain Rousset va vite nous barioler tout ça en vert devant les yeux bouche bée du Ministre. (et avoir les yeux bouche bée explique pourquoi le ministre reste coi) D’ailleurs, à Ramdam, pour montrer notre confiance absolue dans la sincérité de leurs déclarations, nous avons anticipé l’avenir et voici, en avant-première, notre propre estimation de la réduction des gaz à effet de serres pour 2030 :

Michel GELLATO

Références :

  1. https://www.ecologie.gouv.fr/territorialisation-planification-ecologique-christophe-bechu-et-alain-rousset-lancent-cop-region
  2. https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/23241_COP-regionales_NA%20%281%29.pdf
  3. https://www.sudouest.fr/redaction/rencontres-sciences-po-sud-ouest-et-tribunes-de-la-presse-alain-rousset-la-passion-d-un-social-democrate-17489977.php
  4. Étude d’impact, Volume 3.1, Approche Globale – Appréciation des impacts du programme et état initial de l’environnement, Dossier d’autorisation environnementale – Édition Novembre 2022, SNCF Réseau, p77

13 commentaires

  1. Les antis-LGV préconisent de moderniser les lignes entre Bordeaux et Irun dans le nord de l’Espagne, Bordeaux-Toulouse et Toulouse-Limoges-Paris. Un projet moins « coûteux, moins énergivore, plus écologique et plus rapide. » Concernant l’aménagement de la ligne existante Bordeaux-Toulouse en lieu et place de la LGV. Les temps gagnés ne sont pas comparables LGV : 56 minutes de gagné sur Bordeaux Toulouse. Aménagement de la ligne existante Bordeaux-Toulouse : 27 minutes dans le meilleur des cas. Je vais vous décrire la catastrophe que représente l’option d’aménagement de la ligne existante Bordeaux-Toulouse. Ce choix permettrait en théorie de gagner 27 minutes pour un coût de 6,8 milliards contre 8,8 milliards et 56 minutes pour le GPSO (coûts € courants : https://www.lgv2030.fr/questions-reponses/pourquoi-ne-pas-reamenager-les-voies-existantes/). Mais il faudrait construire tout de même 50 kilomètres de voies nouvelles (shunts de Langon, Port-Sainte-Marie et Moissac) pour éviter des secteurs trop sinueux (les habitants de ces secteurs le savent-ils ?). Riper 25 kilomètres de double voie. Modifier 35 kilomètres de rayons de courbures. Construire 25 kilomètres de voies supplémentaires. Supprimer 98 passages à niveau (la réglementation française interdit à des trains de rouler à plus de 160 kilomètre/heure sur une ligne équipée de passages à niveau automatiques). Détruire 360 maisons, entrepôts, bâtiments le long des voies (contre seulement 300 pour le GPSO). Cet ensemble de travaux va durer des années voir une décennie et perturber voire interrompre le trafic et ainsi détourner les usagers du train pour se tourner vers la voiture et l’avion. La ligne Tarbes-Toulouse a été fermée pendant 6 mois pour 23 km de travaux. « Il s’agit de travaux importants, le fait de fermer la ligne permet de concentrer ces travaux, l’autre solution c’était de les faire de nuit pendant dix ans, avec des impacts à n’en plus finir pour nos voyageurs », argumente Catherine Trevet, directrice de SNCF réseau pour la région Occitanie(https://www.francebleu.fr/infos/transports/la-ligne-sncf-entre-tarbes-et-toulouse-fermee-pour-six-mois-1665081721) . Si pour 23 km, il faut faire 10 ans de travaux de nuit ou fermer la ligne 6 mois, Combien de temps faudra-t-il pour aménager la ligne Bordeaux Toulouse longue de 257 km ? 100 ans de travaux de nuit ? Fermer la ligne 5 ans ? Christophe Huau, directeur de l’agence GPSO : « moderniser l’existant implique de devoir couper toute circulation des trains pendant cinq à six ans (https://aqui.fr/article/une-agence-gpso-pour-eviter-le-deraillement-de-la-lgv/). « Mais faire cet aménagement ne va pas solutionner le problème de capacité. En effet, si vous faites circuler des trains à 220 kilomètres/heure (c’est la vitesse maximum autorisée sur une ligne équipée de signalisation latérale), vous réduisez d’autant les possibilités de sillons pour les autres trains (TER, trains de marchandises). Enfin, dès qu’un convoi a un problème, il bloque les trains qui le suivent ! C’est ce qui est arrivé, il y a quelques mois à Carcassonne. Un train de marchandises qui a déraillé et endommagé les voies bloquait tous les TGVs sur l’axe Toulouse-Narbonne ! Faire cohabiter des trains qui circulent à 220 kilomètres/heure et des passagers qui attendent des TER dans des petites gares est dangereux. C’est ce qui est arrivé le 23 octobre 2022 à Montbarbier (82) avec un train qui ne circulait qu’à 160 km/h. Je vous rappelle que les collectivités locales de l’ex région Midi-Pyrénées ont participé à la construction de la LGV Tours Bordeaux à hauteur de 280 millions d’euros avec l’engagement de l’état, de la région Aquitaine et de la métropole bordelaise de réaliser les prolongements LGV vers Toulouse et Dax. Certains diront que Toulouse a gagné 50 minutes, mais la desserte Paris-Toulouse par Bordeaux se résume à 5 TGVs allers/retours par jour avec arrêt obligatoire à Bordeaux (contre 22 pour Bordeaux !), soit autant que Béziers 15 fois moins peuplé que Toulouse ! Le Conseil d’État a confirmé dans un de ces arrêtés que : « contrairement à ce qui est soutenu, il ne ressort pas des pièces des dossiers que l’aménagement, en lieu et place des lignes projetées, des lignes existantes entre Bordeaux et Dax et entre Bordeaux et Toulouse présenterait des avantages comparables, notamment en termes de gains de temps et d’augmentation du trafic, sans procéder à des expropriations aussi importantes. » Et pour finir seul le GPSO permet un report modal important de l’avion vers le train (la ligne aérienne Toulouse-Orly qui était en 2019 la plus fréquentée en Europe.).

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    1. Cher monsieur,
      Vous trouverez en fin de texte les réponses de nos spécialistes à votre commentaire. Cependant, je voudrais avant tout vous signaler plusieurs points qui m’ont étonné.
      Dans votre texte (certainement clair pour vous mais assez indigeste pour moi) vous parlez « d’anti-LGV », de temps gagné ou perdu, d’aménager les lignes secondaires ou non, de temps et de coût. Cela mérite effectivement que l’on s’y penche, et certainement Ramdam le fera.
      Mais pour revenir à l’article en question, je vous ferai remarquer que :
      1) Nous n’avons en aucun moment pris parti pour ou contre la LGV
      2) Nous n’avons jamais parlé des lignes secondaires
      3) Nous n’avons jamais parlé de coût ou de temps.

      En revanche nous avons parlé d’artificialisation, de déboisement et ses 17 % de réparation, de la réduction de 5000 hectares concernés à 700 et de la sensibilité des aquifères au projet .
      Je vous conseille donc de bien relire notre article et, comme vous semblez bien au fait de la situation, de répondre uniquement aux interrogations soulevées.
      Dans l’attente de vos éclaircissements,
      Cordialement
      MG

      Quant au problème que vous évoquez, nos spécialistes me chargent de vous communiquer que vous trouverez toutes les réponses à vos questions sur « stoplgv2030 »

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  2. Bonjour,
    « Stoplgv2030 » ne répond pas à plusieurs questions cruciales : combien d’années faut-il pour aménager la ligne existante Bordeaux-Toulouse ? Que ce soit pour des travaux de nuit ou de fermeture à toutes circulations. Les habitants des villes et villages traversés par la ligne existante sont-ils prêts à accepter la destruction de 360 bâtis (maisons, entrepôts ou entreprises) et la pose de155 kilomètres d’écrans acoustiques devant chez eux ? Cet aménagement de la ligne existante resout-il les problèmes de capacité et de report modal avec l’avion ? Je prends en compte votre correction concernant les 5000 hectares impactés. La seule question à se poser est : existe-t-il une alternative crédible et réalisable à la LGV ? La réponse est non. Toutes les associations et les politiques qui prétendent le contraire mentent en conscience pour faire échouer le projet de LGV sachant pertinemment que leur alternative n’est qu’un leurre.
    Cordialement

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      1. Bonjour,
        Oui le projet GPSO, comme dans le passé toutes les réalisions de LGV en France, va artificialiser des milliers d’hectares, oui il y aura des impacts sur la biodiversité et les espaces naturels. Que l’on mette en avant ces arguments pour être contre est tout à fait respectable, mais que l’on utilise le leurre d’une alternative irréaliste est malhonnête.
        Cordialement

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  3. Et s’il n’y avait pas d’alternative souhaitable ? Une alternative à quoi? À la vitesse? Mais la fréquentation de la ligne aérienne Toulouse/Paris a chuté de moitié, sans LGV… C’est juste l’effet du Covid et des visioconférences… et aussi que ça coûte moins cher en car « Macron »… Il n’y a rien à décarboner sur des trajets exceptionnels en TGV !!!! Alors pourquoi trouver une alternative aux LGV du Sud-Ouest? C’est les transports du quotient, les 90% des trajets en train qui sont la galère tous les jours qu’il faudrait favoriser! Où est la chimère Gilles? On ne peut plus dire «  on ne peut pas faire d’omelette sans casser des œufs » Ce n’est plus possible…. Allez, donnez tous ces milliards au BTP sans rien construire et ce ne sera pas pire! Même plus la peine d’alternative… Juste garder quelques bouts de forêt, de terre agricole, de biodiversité, de nappe phréatique…. Peut-être que Monsieur Rousset pourrait juste programmer la construction d’un lycée et d’un hôpital dans la métropole bordelaise… avec l’ampleur de la spéculation ce serait le minimum!

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    1. Chère Madame, si les LGV vous embêtent à ce point vous n’avez qu’à demander la fermeture de la LGV Bordeaux-Tours et le remboursement 280 millions payés par les ex-Midi-Pyrénéens pour sa construction avec l’engagement de la prolonger ! C’est sûr que c’est toujours plus facile de demander aux autres de se priver de quelque chose quand on en bénéficie sois-même ! La fréquentation de la liaison aérienne Toulouse-Paris a effectivement baissé, mais de 30%. Pas sûr d’ailleurs que la réticence actuelle des employeurs à utiliser désormais le télétravail, ne la fasse pas remonter en fréquentation. Elle reste quand même la deuxième ligne aérienne européenne la plus fréquentée avec plus de 2 millions de passagers par an, derrière Paris-Nice (également privé de LGV ). Quand aux alternatives aux LGV adressez-vous aux charlatans qui les préconisent.

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    2. Chère Madame, si vous n’aimez pas les LGV vous n’avez qu’à demander la fermeture de la LGV Tours-Bordeaux et le remboursement des 280 millions payés par les ex-Midi-Pyréneens pour sa réalisation avec l’engagement de la prolonger jusqu’à Toulouse ! C’est sûr que c’est plus facile de demander aux autres de se passer de quelque chose quand en on bénéficie soi-même ! La ligne aérienne Paris-Toulouse a effectivement baissé mais de 30%. Elle reste la deuxième ligne aérienne intérieure européenne en terme de fréquentation avec plus de 2 millions de passagers par an, derrière Paris-Nice, qui est également privé de LGV, un hasard surement ? Actuellement, les entreprises sont plus frileuses concernant le télétravail et les téléconférences. En 2026, la ligne aérienne Toulouse-Orly sera ouverte aux compagnies low cost avec des prix attractifs. La liaison aérienne retrouvera vite sa fréquentation de 2019, peut-être même la dépassera-t-elle ! Chouette, tous ces gaz à effet de serre dispersés dans le ciel ! Enfin, concernant les alternatives à la LGV, d’après vous, nous n’avons pas besoin non plus ! Si vous le permettez vous laisserai les Occitans décider eux-même de quoi ils ont besoin…

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      1. Cher Gilles
        Quand je vous vois entouré de menteurs, de charlatans et autres personnes qui n’ont pas l’heur de vous plaire, je ne peux que vous conseiller de vous calmer, Vous allez vous faire une entorse aux neurones et je ne voudrais pas que la dame qui n’a exprimé que son sentiment ou Ramdam en soit responsable. Je vous conseille de rester dans vos certitudes et rendez vous dans quelques années.
        Merci
        Cordialement
        MG

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