Feue, la moralisation de la vie publique

En 2017, Emmanuel Macron avait réussi à convaincre une majorité de Français qu’il était possible « de faire de la politique autrement ». Le sujet n’est plus du tout d’actualité.

Il y a cinq ans, le trublion du parti socialiste, candidat à la présidentielle,  avait surpris son monde avec des mots inhabituels dans la bouche d’un politique comme la  « bienveillance », la « probité » et la « transparence ». Force est de constater en 2022, que les lois votées sur la transparence de la vie publique n’ont pas beaucoup d’efficacité et que le quinquennat d’Emmanuel Macron, comme tous les précédents, a été émaillé de très nombreuses affaires qui prouvent que cette « moralisation de la vie publique » mise en avant par un candidat président qui voulait « casser les codes » n’était qu’un joli coup marketing. La preuve ? C’est un sujet qui n’est plus du tout abordé par le candidat à sa réélection lors de l’actuelle campagne présidentielle.

Un festival d’affaires

Mais commençons par rafraîchir la mémoire de ceux qui ont eu quelques distractions entre 2017 et 2022.  Le quinquennat Macron, c’est l’affaire des assistants parlementaires Modem au Parlement européen et le départ précipité du gouvernement de François Bayrou, Marielle de Sarnez et Sylvie Goulard. C’est Richard Ferrand qui quitte le Parlement au bout d’un mois, après des malversations aux Mutuelles de Bretagne, avant de revenir triomphalement à la tête de l’Assemblée nationale en 2018. C’est aussi Alexandre Benalla, le castagneur de manifestants détenteur de passeports diplomatiques sans aucune raison valable, et Alexis Kohler, le bras droit du président, visé par une prise illégale d’intérêts. C’est Gérald Darmanin, accusé de « viol » et « d’abus de faiblesse » par deux femmes, mais promu au ministère de l’Intérieur avant d’être relaxé. C’est Éric Dupond-Moretti, premier ministre de la Justice à être mis en examen dans le cadre de ses fonctions. C’est enfin Alain Griset, ministre délégué aux PME, maintenu dans ses fonctions alors qu’il doit être jugé pour avoir menti sur sa déclaration de patrimoine.

Pour quelqu’un qui voulait changer la façon de faire de la politique, c’est plutôt réussi !

Un amuse-ballot législatif

Quant aux lois votées en début de mandat sur la vie publique, comment y voir autre chose qu’une application à dose homéopathique des promesses de 2017, une sorte d’amuse-ballot pour citoyens crédules ? Interdiction est désormais faite aux parlementaires de recruter un membre de leur famille, mais personne ne s’intéresse aux « emplois croisés » où l’on recrute des assistants parlementaires dans la famille d’un collègue qui renvoie l’ascenseur de son côté. Même chose avec les frais de mandat, les députés devant justifier de leurs dépenses d’argent public, contrairement à ce qui se passait avant. Un salarié du privé doit justifier devant le fisc du moindre centime dépensé, mais un parlementaire a droit à 600 euros par mois de dépense non justifiée. Qu’est-ce d’autre que de l’argent de poche donné aux élus ? Macron avait aussi promis que tout candidat devrait présenter un casier judiciaire vierge d’infraction à la probité. La mesure est partie aux oubliettes.

On avait tellement envie d’y croire en 2017…

Vous voulez une ultime preuve de la mollesse avec laquelle les parlementaires ont réformé la vie publique ? RamDam peut vous la donner avec l’article 93 de la loi 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique : « Chaque année, les communes établissent un état présentant l’ensemble des indemnités de toute nature dont bénéficient les élus siégeant au conseil municipal, au titre de tout mandat et de toutes fonctions exercés en leur sein… » Quand on interroge les communes basques pour savoir si cette mesure est appliquée chez eux, et si tous les élus de leur conseil municipal ont été informés des indemnités touchées par chacun, beaucoup tombent des nues, comme à Biarritz, et avouent n’en avoir jamais entendu parler. De bonne volonté, ils promettent qu’ils respecteront la loi dès l’an prochain. Mais ils auraient bien tort de se faire du souci… Le législateur, dans son infinie distraction, a juste oublié de prévoir la moindre sanction pour ceux qui n’appliqueraient pas la loi.

C’est tout le Macronisme qui est résumé ainsi.

Jean-Yves VIOLLIER

3 commentaires

  1. Bonjour,
    Poisson d’avril ??? Comprenne qui pourra!

    Présidentielle 2022 : prise en compte du vote blanc, nul et de l …
    https://www.lagazettedescommunes.com › presidentielle-2…
    il y a 2 heures — Les circulaires relatives au prochain scrutin s’enchainent à l’approche du premier tour de l’élection présidentielle. Après une circulaire …
    Guy Vanmeulebroucke

    J’aime

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