Un triomphe sans gloire

Sympathisant de RamDam habitant à Uhart-Cize Gérard Roche nous confie son scepticisme quand dans un village une seule liste est candidate aux élections municipales.

Quelles sont vos observations sur le résultat de l’élection municipale à Uhart-Cize ?

Comparativement à 2020, si la participation est en hausse, le nombre de suffrages exprimés en faveur de la liste unique conduite par Mme Dutaret-Bordagaray, maire sortante, est seulement stable passant de 317 à 320. En effet, les votes blancs et nuls représentent ensemble 49 voix soit 13,27% des votants. En 2020 ils s’élevaient seulement à 3,94% des votants. La hausse de participation s’explique donc par celle des votes blancs et nuls qui ont plus que triplé. Ces votes expriment ainsi un réel mécontentement. Cela n’a rien de surprenant compte tenu des lacunes de la gestion de la maire sortante, gestion à la fois autoritaire et timorée, que l’on peut résumer en trois points : absence de concertation tout au long de la mandature, absence de bilan à son terme et absence de programme pour l’avenir.

L’absolutisme municipal

Ainsi le lotissement communal n’a pas donné lieu à une concertation participative, la seule réunion d’information s’étant tenue après que les plans et aménagements aient été arrêtés. De même la création de la ZAD de plus de 7 hectares n’a pas été précédée d’une concertation, notamment avec les propriétaires fonciers concernés, ni de la moindre information des habitants. Dans les deux cas on retrouve la politique du fait accompli. De même le conseil municipal a fonctionné le plus souvent en chambre d’enregistrement, sans travail préalable en commission et avec un dialogue difficile.

Claire DUTARET-BORDAGARAY, maire d’Uhart-Cize

On notera aussi l’absence de bilan au terme de la mandature 2020/2026 et plus généralement le manque d’informations, notamment sur les budgets de la commune ainsi que l’absence de réunion publique pendant la campagne électorale des municipales, sans doute pour éviter les questions gênantes, par exemple sur la majoration de 60% de la part communale de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.

Absence de programme enfin, car le tract électoral « Ensemble pour demain » se limite à de vagues orientations, des slogans qu’on croirait générés par l’IA mais nullement crédibles au regard du constat de la gestion 2020/2026 : préserver ce qui fait Uhart-Cize ? information plus régulière et claire ? Écoute active ? Sécurisation des zones sensibles de circulation ? Un village plus sûr pour tous ? Il est grand temps d’envisager ces objectifs totalement négligés depuis 2020.

Des promesses douteuses

Comment croire ces litanies alors que le petit parc municipal est bouleversé avec de nombreux arbres abattus, alors que le déficit informationnel est abyssal, alors que les habitants n’ont jusqu’alors jamais été consultés même sur des projets majeurs, alors qu’en six ans aucun aménagement routier efficace n’a été mis en place route de Bayonne ou route d’Arnéguy, alors que rien n’a été fait depuis juin 2025 pour remédier au tag antisémite « Israel hiltzaile » route de Bayonne, alors que malgré des demandes réitérés de ma part la maire n’a installé aucune caméra sur les points d’apports volontaires des déchets ménagers ni sur des endroits stratégiques du point de vue sécuritaire, alors encore qu’en matière de protection contre les inondations elle n’a rien fait non plus pour faire aboutir auprès de la CAPB la création de zones réservoir naturelles sur les affluents de la Nive d’Arnéguy?

Dans ces conditions ce qui est surprenant, c’est que la hausse des blancs et nuls ne soit pas plus importante. Il est vraiment regrettable que la commune n’ait pas vu le jaillissement d’une seconde liste.

Un avenir périlleux

Comment voyez-vous l’avenir de la commune ?

Je ne peux cacher mon inquiétude sur l’avenir et l’évolution de notre commune. En matière de sécurité routière, en matière de protection contre les inondations on peut craindre que rien de sérieux et d’utile ne soit réalisé. De même ce n’est pas Mme Dutaret-Bordagaray qui se battra, notamment au sein du Copil adhoc, pour faire avancer le projet de déviation de Saint-Jean-Pied-de-Port pourtant si indispensable pour la qualité de vie des habitants et le dynamisme de l’économie locale. Par contre, à quelle fantaisie faut-il s’attendre ? Verrons nous par exemple la réalisation d’un centre pour mineurs isolés évoqué lors de la création de la ZAD ? S’agissant de sécurité on peut sans doute avoir de meilleur projet.

En effet, lorsqu’un conseil municipal comporte une opposition, celle-ci agit en organe de surveillance et de contrôle du maire. Mais tel n’est pas le cas à Uhart-Cize. Or, sur la mandature qui vient de s’achever, j’ai souvent été seul à m’opposer à des décisions fâcheuses, notamment un faux en écriture publique (en l’occurrence une délibération fictive). Généralement ce conseil a fonctionné avec une docilité et une abolition d’esprit critique sidérante. Dés lors le bon fonctionnement du conseil municipal et la qualité de vie dans la commune vont dépendre du courage et de l’indépendance des quatre nouveaux conseillers.

Les choses étant ce qu’elles sont, j’invite mes concitoyens à suivre avec vigilance la gestion de notre commune et à venir assister aux réunions du conseil municipal du moins lorsque des questions importantes, notamment le budget seront à l’ordre du jour. Sinon, ne nous plaignons pas, nous aurons la gestion hasardeuse que nous aurons méritée.

Gérard ROCHE

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