En abolissant la possibilité de panacher dans les petites communes, Macron et Bayrou ont encore aggravé le décrochage. Loin des seuils de 2014, moins de six Français sur dix ont voté en 2026 pour ces élections communales.
On dirait parfois que le législateur s’ingénie à décourager les électeurs. Alors que de 1959 à 2014, trois quarts des Français votaient aux élections municipales, ils ne sont plus que six sur dix en 2026 (57% pour être précis), l’élection de 2020 ne pouvant pas être prise en compte pour cause de Covid. Votée alors que François Bayrou était Premier ministre, la loi n° 2025-444 du 21 mai 2025 visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales, oblige désormais toutes les communes de France à présenter des listes paritaires, ce qui est une bonne chose, mais interdit le panachage, c’est à dire l’interdiction de rayer des noms, dans les communes de moins de 1 000 habitants.
C’est bien mal connaître les animosités qui peuvent régner entre certaines familles dans des petits villages. Et c’est beaucoup demander aux électeurs de 25 500 communes qui n’avaient qu’une liste unique à glisser dans l’urne. Alors que le divorce entre les élus et les simples citoyens est de plus en plus grand, tout devrait être fait pour réconcilier les Français avec leurs élus. Mais qui s’en soucie vraiment ?
Jean-Yves VIOLLIER

Liste unique, liste inique
En 2014, 30 à 35% des communes ne présentaient qu’une seule liste. En 2020, il y en avait 50 à 55 %. Aujourd’hui, 2026, 68 % des maires n’ont pas eu d’opposition. Tout désaccord avec la politique municipale ne peut désormais s’exprimer que par l’abstention ou le bulletin blanc ou nul.
Prenons le cas – au hasard, bien sûr! – de la mairie de Benquet que Ramdam connaît bien puisque le maire, Pierre Mallet nous a intenté un procès qu’il a perdu mais nous poursuit toujours en appel. Soit qu’ils soient écœurés de sa gestion, soit qu’ils jugent inutile de se déplacer car on ne leur propose qu’une seule liste – que l’on ne peut plus panacher – seuls 43.6 % des citoyens se sont exprimés en faveur du maire. Plus significatif, de tous les citoyens qui se sont déplacés, 26.5 % ont montré leur désaccord en votant blanc ou nul.
Ces chiffres montrent bien qu’il y a à Benquet une opposition assez consistante, mais qui ne peut se concrétiser vu la difficulté de trouver, outre un maire, 18 candidats en parité. Ainsi, cette « loi n°2025-444 du 21 mai 2025 visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité » part peut-être d’un bon sentiment, mais a sacralisé, dans les petites communes, les maires en place et par ricochet les Communauté de Communes ou d’agglomération dont ils sont conseillers.
Sans limitation des mandats, rien ne changera et beaucoup de maire, indétrônables, se sentiront pousser des ailes.

L’abus de municipales peut gravement nuire à la santé
Grosse tension à Biarritz la semaine de l’entre-deux tours dans le camp de Maider Arosteguy. Au point que l’ex Premier adjoint Adrien Boudousse, adepte des sports de combat, a méchamment pris par le col et soulevé de terre l’adjoint aux Finances Édouard Chazouillères. Ce dernier avait pris la direction de la campagne de Maider Arosteguy en écartant Nicolas Trinquier et Sébastien Ménard. Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne s’était guère montré convaincant dans la fonction qu’il avait négociée contre la promesse de Maider de faire de lui un Premier adjoint.
La récré est finie, le verdict des urnes connu et les deux belligérants se retrouvent désormais Gros Jean comme devant.

Jean-Noël Barrot : un visionnaire
Déclaration faite par notre ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, en visite en Israël le 20/03 : « La stabilité de la région passe aussi par la mise en œuvre du plan de paix présenté par les États-Unis d’Amérique à l’automne dernier pour Gaza »
C’est là que je vois que je ne serai jamais ministre. Du plan de Trump, je ne me souviens que de son désir de transformer les ruines en riviera pour riches …. en admettant que lui-même n’ait pas oublié ou changé d’avis. Ce n’est pas ma façon d’entrevoir la « stabilité de la région » et, toujours de mon point de vue, plutôt qu’aller en Israël fayoter avec Netanyahou et Trump, je serais resté chez moi.- M.G.

Le porte-avion de Macron
C’est extraordinaire qu’un individu, complètement lessivé dans l’opinion des Français puisse tout seul décider de telles dépenses militaires. Son coût, 10 milliards, c’est donné. Est-ce que son armement est compris ? Ses avions, ses indispensables navires d’accompagnement et tankers de ravitaillement… Pas sûr.
Il sera opérationnel en 2040 dans 14 ans. La menace des drones n’a que quelques années, comment sera la guerre dans 14 ans ? Seul Macron le sait. Mais les militaires sont plus interrogatifs : « Une fois la menace (des drones) détectée, les pilotes ont deux possibilités : soit les abattre avec un missile MICA, soit tirer avec leur canon de 30 mm. D’un point de vue économique, mieux vaut éviter le premier choix. Le prix à l’unité d’un MICA est estimé à plus de 600 000 euros, auquel s’ajoute un coût d’environ 20 000 euros l’heure de vol pour le Rafale »
C’est-à-dire que se protéger des drones (à moins de 20 000 € pièces) envoyés en bouquet d’une dizaine ou vingtaine est impossible. Un déluge de drones est insurmontable et serait financièrement insoutenable. Combiné à une possible attaque de drones sous-marins, je ne donne pas cher d’un si cher porte avion.
Michel GELLATO