Les « hommes invisibles » de l’Agglo

À qui la faute si les citoyens ignorent qui fait quoi à l’Agglo ? Aux élus qui ont préféré la cooptation au suffrage universel.

Lors de ses vœux, (voir « La Semaine du Pays Basque » du 24/01) le président de la CAPB Jean René Etchegaray affiche une certaine déception : « Combien de citoyens savent ce qu’ils doivent à la Communauté d’agglomération ? Nous sommes, pour le commun des mortels, dans une action qui est invisible ! »

Effectivement, qu’ils sont ingrats ces citoyens qui, après une journée de boulot, tout en s’occupant des enfants ou de leur grand-mère, n’ont pas le civisme de fouiller dans la masse des parutions pour trouver ce qui les impacte, ou regarder les vidéos des Conseils Communautaires plutôt que « La roue de la fortune », ou mieux, assister aux débats qui sont, c’est vrai, publics en lieu et place d’un match de rugby. Ils alignent 700 millions et ça ne les intéresse pas !

Pourtant, il existe une solution pour que les citoyens soient plus au cœur des activités des Agglos : qu’ils choisissent leurs représentants. La loi NOTRe, genèse de la CAPB, prévoyait l’élection des conseillers communautaires au suffrage universel. La plupart des associations nationales d’élus, s’y sont opposés.

C’est dommage, ces élus auraient pu répondre à leurs électeurs, contacter des associations citoyennes, donner des explications lors d’exposés publics, type campagne électorale. Aujourd’hui, nous avons des conseillers communautaires choisis, non sur des responsabilités vis-à-vis de leurs électeurs, mais sur des critères d’alliances politiques (si tu soutiens ma liste, je te promets un siège de …) et ce dans un entre soi opaque.

Beaucoup de maires sont conseillers communautaires. Via la fameuse « démocratie participative », les conseils de quartier par exemple, la voix de la CAPB pourrait nous parvenir. Or, justement, parlant de campagne électorale, pas un maire-candidat siégeant à la CAPB ne l’évoque.

Quant aux quelques citoyens qui fouinent un peu, il ne semble pas qu’un effort soit fait pour éviter les doublons entre notre Agglo et le Département (budget : 1 milliard) et parfois des « triplons » avec certaines municipalités.

Une démocratie fragile parce que vous l’avez voulu ainsi

Ces carences pourraient être comblées par l’activité des « pôles », ramifications de la CAPB, demeurées en lieu et place des Communautés de Communes (qui, en théorie, ont disparu). La justification de leur maintien est la proximité avec les citoyens, pourtant, ils sont comme la CAPB, « invisibles »

« Notre démocratie est très fragile » termine, déconfit, le président Jean René Etchegaray. Elle est d’autant fragile qu’elle n’existe que s’il y a des « preuves de démocratie ». Sinon, ce n’est qu’un mot. Et la première preuve de démocratie c’est informer sincèrement, publiquement, clairement, hors de toute opacité dans les décisions prises et sans langue de bois. C’est aller VERS le citoyen.

Aussi je partage la conclusion dépitée de Jean René Etchegaray «  Il faut croire qu’il y a un travail à effectuer dans ce domaine » Qui en a les moyens si ce n’est le politique ?

Michel GELLATO

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