Avec 13 682 meublés touristiques en 2023, Airbnb représente désormais 91,2% de la location saisonnière contre 8,4% pour les résidences hôtelières avec 1 143 chambres.
Non, la carte que vous avez sous les yeux ne représente pas l’invasion des punaises de lit au Pays basque, même si certains locaux ne font plus trop la différence entre les insectes nuisibles et les touristes qui viennent les envahir pendant la belle saison. Chaque point rouge de cette carte représente un hébergement proposé sur Airbnb par un propriétaire. Et il n’y a pas besoin d’être un grand statisticien pour constater que la Côte basque commence à avoir sérieusement la rougeole.
Alors que les élus ne nous donnent que des chiffres très parcellaires concernant leurs communes, RamDam 64-40 est ravi de pouvoir vous donner ville par ville les vrais chiffres du phénomène Airbnb et de pouvoir vous faire comprendre à quel point les résidences hôtelières, type Pierre&Vacances, Maeva ou VVF sont menacées avec ce qui peut s’apparenter à une concurrence déloyale.
Pour une fois, les données que nous utilisons ne sont pas extraites de data.gouv.fr mais elles sont validées par l’INSEE ou citées par Jean-Luc Boulin, l’ancien directeur de la MONA (Mission des Offices de Tourisme de Nouvelle-Aquitaine) qui les juge très fiables.

Paradoxe, nous ne pourrons vous donner l’adresse de ce site, conçu par un activiste australien et une équipe d’informaticiens passionnés qui souhaitent démontrer qu’Airbnb n’est plus une plate-forme d’hébergement occasionnel. La Commission Nationale des Libertés Individuelles (CNIL) estimant qu’il est trop facile de retrouver le nom des propriétaires et les sommes gagnées annuellement s’y oppose. En effet, dans chaque ville, la géolocalisation se fait à dix mètres près pour chaque point rouge et on peut avoir le prénom du propriétaire, le nombre de nuitées où il a loué son bien en 2023 et la somme gagnée. Beaucoup trop inquisiteur pour la culture française, même si elle permet de constater que derrière des locations occasionnelles de huit jours par an, existent aussi beaucoup de biens dévolus à l’année à Airbnb avec des taux d’occupation annuelle de 250 jours !
Dans les limites de ce que permet la Loi, voici donc quelques chiffres susceptibles de vous éclairer.
Près de 3 000 biens déclarés à Biarritz
Si le phénomène reste encore assez anecdotique en pays basque intérieur, il est devenu considérable sur la Côte et explique à lui tout seul la pénurie de logements à louer à l’année malgré les mesures prises par la CAPB.

Tous les chiffres de cet article datent du 12 septembre 2023.
Ville par ville, on retrouve la même proportion sur toute la Côte basque. Le parc de locations saisonnières proposé par Airbnb est plus de neuf fois supérieur au parc de résidences hôtelières. Ce qui impacte tout le commerce local. Car pour servir cette nouvelle clientèle, il est beaucoup plus rentable d’ouvrir un point de restauration rapide qu’un commerce de bouche traditionnel. Les vieux Biarrots ont remarqué depuis longtemps que tous les commerces qui disparaissent sont remplacés par des agences immobilières ou des restaurants, ce qui ne fait pas les affaires de ceux qui vivent à l’année.
Pour comprendre le phénomène Airbnb et surtout son ampleur, le plus simple est encore de lire la page wikipedia consacrée à ce fait de société.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Airbnb








Les politiques se mobilisent
À l’évidence, les élus de la Côte basque sont parfaitement conscients du danger que représente Airbnb. Questionnée par l’opposition, lors du conseil municipal du 18 décembre, l’adjointe à l’Urbanisme de Biarritz, Maud Cascino a donné une réponse très précise sur la mobilisation de son service : 700 mises en demeure ont été adressées à des personnes morales « après un travail de fourmi des services » pour retrouver tous ceux qui ont mis des biens en location saisonnière. « Certaines annonces sont enlevées, certains font le choix de vendre, certains n’ont pas donné de nouvelles. C’est 40% sur lesquels nous allons maintenant consacrer toute notre énergie ». Deux fonctionnaires sont désormais assermentés pour faire les constats nécessaires et la ville va se faire aider par un logiciel acheté par l’Agglo pour localiser tous les récalcitrants à une régularisation.
https://www.touriz.fr/
Au passage, Maud Cascino révèle combien la bagarre est rude : « L’association des loueurs professionnels demande à ses adhérents de donner le moins d’informations possibles pour que nous ne puissions pas faire de statistiques correctes ». La grande classe !
À l’évidence la bataille entre les élus et Airbnb qui continue à facturer ses clients en Irlande et au Royaume-Uni et paie donc très peu d’impôts en France, ne fait que commencer. Elle promet d’être féroce.
Docteur DATA
Merci pour votre très bon article, néanmoins il manque une ligne que l’on pourrait effectivement associer indirectement à Airbnb qui sont les nombreuses location de touristes devenus « habituels et de leurs connaissances » initialement des locations Airbnb et qui finissent en locations non déclarées provoquant les mêmes nuisances. Dans une seule copropriété de ma connaissance je peux estimer cela à près de 10 % des locations annuelles sur la base des locations Airbnb. Ce qui n’est pas négligeable.
L’autre constat est celui des loueurs qui sont avant tout des locaux et/ou des résidents permanents et non pas ceux qui par la force du travail ont acquis un petit bien et qui subissent les conséquences et les taxes imposés suite à tous ces abus qui ont été jusqu’à la transformation de garages en appartement et parfois en annexes commerciales et par redondance sublimant l’occupation des lieux publics de véhicules pour certain devenus des ventouse annuelles. Il faut noter aussi la complicité de certains syndics de copropriétés se facilitant ainsi le travail avec un minimum de copropriétaires.
Reste enfin les intérêts différents des uns et des autres à l’origine d’ambiances pouvant virer au délétère.
J’aimeJ’aime
Merci pour ces précisions : vous avez totalement raison. Par souci d’exactitude, nous avons voulu éviter les estimations au doigt mouillé et nous nous sommes donc contentés des chiffres officiels. mais il est certain que la location aux proches, non déclarée, représente une part non négligeable des meublés de tourisme.
Docteur DATA
J’aimeJ’aime
Les adresses sont approximatives en ce qui concerne Hendaye, je ne retrouve meme pas la mienne.
Dans notre commune il y a une capacite hoteliere et de camping assez limitee, si vous enlevez la location saisonniere le commerce local en souffre enormement.
Les biens loues en airbnb n’iront jamais a la location a l’annee au vu du prix d’achat, il est utopique de penser que les proprietaires se contenteraient de 1-3% de rentabilite, nous ne sommes pas des vaches a lait. Les politiques contraignantes ne font qu’agraver le probleme et augmenter le prix des locations du a la rarefaction des locations.
Resultat: de plus en plus de locations au noir, de moins en moins de recettes en taxe touristique et impots…
Les campings et residences hotelieres sont de toutes les manieres remplies a 100%, il n’y a pas de concurrence deloyale, vous ne savez pas de quoi vous parlez, c’est article a charge.
Dire que les gens qui vont dans des airbnb ne mangent que des fast food est une heresie, sur Hendaye le tourisme airbnb fait vivre la commune.
Si il y avait plus d’emplois local, les gens auraient tout simplement plus de moyens pour acceder au logement hors Hendaye est une ville qui vit essentiellement du tourisme et des frontaliers espagnols.
Empecher les airbnb tue tout simplement la ville a petit feu et contente les envieux qui n’ont rien mais qui ne foutent rien non plus.
Un proprietaire hendayais qui loue un appartement airbnb dans sa residence principale et loue aussi 3 autres logements a l’annee et travaille dur pour investir et prendre des risques, participe a la vie de sa commune
J’aimeJ’aime
Bonjour Manu,
Je ne sais pas si vous avez été assez débrouillard pour aller sur le site où chaque propriétaire faisant du airbnb est matérialisé par une pastille. La géolocalisation est à dix mètres près, donc il est fort possible que vous n’ayez pas retrouvé votre bien. (Sur Bayonne, certains points se retrouvent au milieu de l’Adour). Pour le reste, et c’est le charme de Jamais Trop de RamDam, nous vous laissons la responsabilité de votre point de vue.
Docteur DATA
J’aimeJ’aime
Tout n’est pas faux sauf qu’il y en a de plus en plus qui louent le moindre cm² la moitié du temps sans déclarer les revenus parce que pour certains ils sont au chômage professionnel d’autres au RSA et un maximum de temps au surf. Et comme ils disent c’est notre mode de vie. Et s’il vous arrive un accident ? il y a des hélicoptères, et en fin de vie ? Le minimum vieillesse est un droit. Il n’y a pas que les migrants qui ont inventé ce mode de vie il y en a plein les plages Républicaines et de toute nationalités.
J’aimeJ’aime
Bonjour, cet article laisse un peu sur sa faim, et désigne trop facilement les « méchants » du film, ces cochons d’étrangers, bref « les autres ».
Pour savoir la vraie concurrence d’Airbnb sur le logement, il serait bon de distinguer :
– les logements à l’année loués en saison quelques semaines par an par leur propriétaire (ou locataire),
– les résidences secondaires de petits épargnants (typiquement des Palois ou des Pamplonais), louées quelques semaines par an pour payer les charges,
– les logements où la location à courte durée a été industrialisée, avec 200 jours d’occupation par an.
Seule la 3e catégorie est vraiment pénalisante. Savez-vous sortir ces statistiques ?
J’aimeJ’aime
Bonjour Frédéric,
Je vous rappelle que vous lisez un blog gratuit rédigé par des bénévoles et que nous avons certainement mis beaucoup plus de temps à vous offrir cet article que vous à le commenter.
À notre connaissance, personne n’avait jamais publié ces données dans notre région. Il est possible d’obtenir tous les chiffres que vous demandez en trouvant le site que nous évoquons et en cliquant sur chaque pastille pour voir le nombre de jours d’occupation de la location…. Sauf que c’est un travail gigantesque et qu’aucun de nous ne peut effectuer une tâche d’une telle ampleur.
Si vous avez le courage de vous y coller, n’hésitez surtout pas à nous envoyer les chiffres.
Quant à vos remarques sur les « méchants » ou ces « cochons d’étrangers » , elles sont totalement imaginaires et plutôt blessantes pour notre travail. Association citoyenne, nous essayons d’apporter un plus au débat sur le logement au Pays basque, là où il n’y a souvent que des impressions.
Docteur DATA
J’aimeJ’aime
Il faut distinguer les airb’nb loués toute l’année et ceux qui sont loués à Bayonne pour les étudiants du 1 er septembre au 30 juin et qui louent quelques semaines l’été. Certains petits biens ont été achetés il y a plusieurs années en vue d’une petite retraite et donc d’une petite pension!
J’aimeJ’aime
Je pense qu’il faut comparer ce qui est comparable: cela semblerait plus juste de comparer le nombre de lits en location saisonnière VS le nombre de lits que propose les résidence hôtelières ou de tourisme. Ou à la rigueur le nombre de logement. Rien qu’avec le Victoria Surf, on triple le chiffre de Biarritz!
De plus je trouve ça un peu limité de catégoriser tous les touristes comme des personnes avec peu de goût qui ne souhaitent que de la restauration rapide! Les voyageurs viennent (pour la plupart) découvrir la région et sa gastronomie. Comme tout le monde en vacances, ils se font plaisir! Je pense que les commerçants des Halles abonderont dans ce sens.
Biarritz vit du tourisme, c’est un fait. Il faut juste trouver le bon équilibre entre locaux et touristes: cette tâche semble urgente depuis ces 2 dernières années, alors que cela fait des décennies qu’il y a un véritable laxisme à ce sujet de la part de la ville. Espérons trouver la balance qui satisfera tout le monde.
J’aimeJ’aime
Ça fait longtemps que je pose la question… Airbnb verse des taxes de séjour, combien ça rapporte ? C’est peut être la raison de la « mollesse » de nos politiques sur ce sujet…
J’aimeJ’aime
Bonne question. On va se faire un plaisir de la poser aux élus.
J’aimeJ’aime
Article intéressant, à défaut d’être objectif.
Personnellement, j’ai hâte de voir ce qui va se passer dans 2 ans désormais, quand les agréments ne seront pas renouvelés.
Pour ma part je loue 60 jours par an ma résidence secondaire ( que j’occupe 30 jours par an) pour financer les charges et travaux (le syndic aime bien pousser les retraités à repeindre souvent). Les résidences hôtelières fonctionnent très bien sur la Cote Basque, et la clientèle n’est pas la même en AirBNB.
Au final, il y aura moins de touristes (c’est le but de l’agglo), mais du coup il y aura aussi moins de taxes de séjour (et Bidart ne pourra pas augmenter la taxe d’habitation zone tendue des résidences secondaires, ils sont au max). D’après mes calculs, ce sera un manque à gagner de 1 million par an pour Bidart, je vous laisse imaginer pour les autres… Double effet kiss cool, quand certains logements (peu) repasseront en location / résidence principale, il n’y aura plus de taxe d’habitation ! Un paille sur 15 millions de budget ? Et des commerces fermeront car il y aura moins de touristes. Et ce million manquant, ce sera moins pour les associations et pour les investissements.
Moi je me serrerai un peu la ceinture, mais je garderai ma résidence secondaire. Et au passage je cesserai d’employer une personne pour le ménage. (3e effet kiss cool)
Si les communes avaient fait des logements sociaux plutôt que favoriser la spéculation et la promotion immobilière haut de gamme pendant des années (mais « en même temps » on peut favoriser les copains et ramasser au passage sur les taxes associées au neuf), on n’en serait pas à légiférer.
J’aimeJ’aime
Ah l’objectivité !!! cela depend de quel cote de la lorgnette on se place.
Dans 2 ans ? et bien certains tricheront ! d’autres revendront, d’autres encore loueront à 1 étudiant ou en bail mobilité puis en touristique l’été et vous ferez comme les autres au bout du compte.
Ceux qui peuvent vraiment se permettre de ne pas louer, ne louent déja pas !!!
Bon pour la perte financière, ne vous inquitez pas les impots locaux sur les résidences secondaires prendront leur envol !!! Quand je vous dis que vous ferez comme les autres au bout du compte …
Là où on est d’accord c’est que les politiques de tous bords n’ont rien fait, rien compris, rien vu venir car préoccupés par les avantages qu’ils pouvaient tirer de leur fonction. N’est ce pas Didier Borotra (pour parler d’un nom bien connu).
Et cela ne se limite pas à la politique locale …
Bonne fin d’été !
J’aimeJ’aime