Après trois ans de pénurie démocratique, le Maire d’Urrugne semble mettre le paquet.
« La démocratie participative ce n’est pas facile, c’est quelque chose qui se gagne, on va dire de haute-lutte » Tel est le constat fait par Philippe Aramendi maire d’Urrugne lors du conseil municipal du 25 juin 2023,. Dans la foulée, il propose un projet très ambitieux et très complexe.
Le but affiché est on ne peut plus louable : « Favoriser la participation citoyenne et la cohésion sociale par un engagement citoyen concret ; Permettre aux citoyens de proposer des projets qui répondent à leurs besoins ; Rendre l’action publique plus lisible en permettant aux habitants de mieux comprendre le fonctionnement de leur ville ; Renforcer les liens entre la population et l’institution municipale ; Œuvrer au bien-vivre ensemble et agir dans l’intérêt général ; Réaffirmer le sens et le rôle des impôts locaux. »
Pour cela un premier budget participatif de 100 000 € sera débloqué pour des investissements qui seraient désirés par les citoyens, propositions émanant bien sûr des conseils de quartier (dans le cadre d’une convention-cadre) et surtout d’une « Assemblée Citoyenne composée des 40 citoyen.ne.s dont 21 tirés au sort »
Très élaboré (4 pages du procès-verbal de séance) ces mesures qui permettraient « le renforcement du pouvoir d’agir des citoyen.ne.s en encourageant et en accompagnant leurs projets. » a été reçu négativement par l’opposition. Voilà qui mérite explications.
D’après eux, ce projet très complexe méritait plus de préparation commune avant d’être présenté en conseil municipal. Une autre interrogation intéressante a été soulevée par Monsieur Fourcade (liste Urrugne autrement) : « ici nous sommes 8 élus d’opposition sur 33 élus au total » pourtant, nous représentons 54% des votes des habitants d’Urrugne mais nous disposons de très peu de pouvoirs de changer vos décisions », signifiant ainsi que les conseils de quartier et cette « assemblée citoyenne » seront plus écoutés que l’opposition en conseil municipal.
Cette dichotomie dans la représentation citoyenne valait d’être relevée.
Témoignage d’un chat échaudé mais toujours échauffé
Quant à moi, je ne voudrais pas décevoir l’enthousiasme de Mattiu Etcheverry, le fringant Directeur Général des Services (DGS) qui, malgré la complexité du montage, y croit dur comme fer. Il m’a illustré son espoir et s’est opposé à ma perplexité par la parabole « même les usines à gaz fonctionnent ».
Mais je suis un citoyen et un observateur de la vie publique. Après les ratés de communication des trois premières années du mandat cette remise en question, quasi une rédemption, semble être trop belle. Les conseils de quartier, aujourd’hui « en léthargie », (de l’aveu du maire) ont affaibli l’intérêt des citoyens à débattre.

Il ne suffit pas de désirer la participation des citoyens, il faut les attirer. Mettons-nous à la place de celui qui veut s’intéresser à l’action municipale et ouvre le site officiel de la ville d’Urrugne. Le dernier Compte Rendu des délibérations du conseil municipal date du 22 septembre 2022. Un an sans infos facilement accessibles. Quant aux conseils de quartiers ils semblent abandonnés : dernier Compte Rendu pour Béhobie: 2014 ; 2018 pour Socoa alors que l’actualité de ce dernier a été dense (Problème des parcmètres du pumptrack etc)
Pour avoir été pendant huit ans secrétaire du conseil de quartier de Béhobie sous la mandature de Odile de Coral, j’ai été assez échaudé quand les élus nous ont discrédités en utilisant des accusations anonymes. Peut-être les sujets abordés gênaient ou en gênaient. Certes, c’était l’ancienne municipalité, mais, quoi qu’il en soit, l’équipe en place aujourd’hui, pendant ces huit années, nous a complétement ignorés et ne nous a jamais aidés.
Aussi, je souhaite une sincère réussite à ce projet, mais vous savez ce que c’est, les vieilles impressions sont tenaces. Elles laissent des empreintes difficiles à effacer.
C’est sûr. « la démocratie participative ce n’est pas facile, c’est quelque chose qui se gagne, on va dire de haute-lutte ». Il est non moins sûr que c’est s’exposer à une surveillance critique.
J’espère que mon article aidera en éveillant la curiosité des Urrugnards.
Michel GELLATO