Troisième volet de notre série sur les challengers de l’élection sénatoriale. Le maire de Momy déteste la désinvolture et les politiques qui pratiquent la « tromperie sur la marchandise ».
Attention débatteur redoutable ! RamDam 64-40, décidément dans une forme peu olympique le jour de sa rencontre avec Marc Gairin et sa colistière Valérie Taieb, attaque très fort avec deux gaffes dans les deux premières questions, parlant de « petits candidats » et s’esbaudissant sur le titre de la liste conduite par le maire de Momy « La droite sincère », y voyant une amusante allusion à un candidat sortant. « Il n’y a pas de petits candidats dans une élection, juste des sortants et des candidats », explique avec pédagogie Marc Gairin. « Quant au titre de notre liste, même si les deuxièmes et troisièmes degrés ne nous échappent pas totalement, il correspond exactement à ce que nous voulons être vis à vis de nos électeurs ». Dans La Semaine du Pays basque (8/9), Valérie Taieb, ancienne conseillère municipale à Bayonne, se montre un peu plus explicite : « Même si le carriérisme a fait des ravages, j’ai l’espoir que la droite française ne reste pas la plus bête du monde et pour y parvenir nous devons d’abord tourner la page de ceux qui l’ont trahie ». On ne saurait être plus clair.

Valérie Taieb, Marc Gairin et le président de RamDam, Dominique de la Mensbruge.
Nous voilà cette fois pleinement réveillés et prêts à une joute verbale de plus de deux heures avec deux passionnés absolus de vie publique. Pour Marc Gairin, longtemps encarté LR, la « trahison » remonte à mai 2005 avec le referendum sur la Constitution européenne : « Quand on pose une question au peuple, qu’on n’obtient pas la réponse souhaitée et qu’on décide de faire comme si ce vote n’avait jamais eu lieu, c’est de la duplicité et c’est révélateur de l’état politique actuel ».
« La sincérité, c’est un état d’esprit »
Marc Gairin assume parfaitement ses choix idéologiques et sa candidature aux dernières législatives : « Je me suis présenté sous l’étiquette « Reconquête », le parti d’Éric Zemmour, en étant parfaitement d’accord sur les diagnostics, même si le changement doit s’opérer graduellement ». Marc Gairin tient à souligner que sa liste, avec Valérie Taieb, Béatrice Corsi, Francis Sébat et Pierre Recalde, est la seule aux sénatoriales à être menée par un maire et composée d’élus de terrain et il se sent capable de créer la surprise dimanche 24 septembre : « Il n’y a pas de place pour la désinvolture dans notre liste. La sincérité en politique c’est un état d’esprit ».
S’il est élu sénateur, le chantier prioritaire de Marc Gairin sera l’Éducation nationale : « Je veux qu’on nettoie les programmes et qu’on ouvre des apprentissages dans des matières nouvelles comme l’économie ou le droit » Véritable dictionnaire ambulant des citations, Marc Gairin convoque Richelieu à la rescousse : « L’autorité contraint à l’obéissance mais la raison y persuade ». Avant de se rassurer avec une deuxième citation : « Ce n’est pas parce qu’on est seul qu’on a tort ».
« L’omnipotence des bureaux d’étude »
S’il entre dans quelques jours au Palais du Luxembourg, Marc Gairin cessera immédiatement ses fonctions de maire de sa commune et demandera à devenir un simple conseiller municipal. Persuadé que le lien entre le maire et ses administrés reste excellent, le candidat estime qu’il y a beaucoup à faire en matière de moralisation de la vie publique que ce soit dans les deux chambres, au niveau des conseils régionaux ou départementaux. « Certaines intercommunalités sont devenues des baronnies. Je veux remettre l’élu local au centre des décisions et en finir avec l’omnipotence des bureaux d’étude qui ne servent qu’à nier la capacité des élus à faire les choix qui s’imposent ».
Sage-femme de profession, Valérie Taieb considère qu’une des mesures les plus urgentes à prendre dans le département est la lutte contre les déserts médicaux : « La situation est correcte sur la côte, mais catastrophique dans le pays basque intérieur ou le Béarn. » « Il est quand même incroyable, surenchérit Marc Gairin, que les vétérinaires aient toujours un système de garde et plus les médecins généralistes. La solution est pourtant simple. Il faut obliger les internes en dernières années de formation à aller occuper des postes dans les zones les plus démunies ».
On peut être d’accord ou pas d’accord avec le candidat, mais ce n’est sans doute pas un hasard si les observateurs avisés de cette élection sénatoriale pensent que le maire béarnais peut créer la surprise. Ancien ingénieur dans les pétroles puis dans l’urbanisme, le jeune retraité Marc Gairin en connaît un rayon sur la vie publique et, avec son débit de mitraillette, doit être sacrément difficile à contrer dans un débat public.
Dominique DE LA MENSBRUGE et Jean-Yves VIOLLIER