Le Haut-Commissariat au Plan de carrière de François Bayrou

Notre François Bayrou (que le monde entier nous envie) a installé à Pau une antenne de son Haut-Commissariat au Plan avec trois collaborateurs. Que font-ils ? Pour le moment pas grand-chose, puisque, deux ont déjà jeté l’éponge, et la troisième, personne ne savait qu’elle y travaillait !

L’enquête menée par trois journalistes du journal Le Monde et reprise par Sud-Ouest et La République des Pyrénées est sévère et sème un doute à la fois sur le travail fourni, sur sa qualité et sur un mode de financement confus entre la mairie de Pau, le Modem et le Haut-Commissariat au Plan. Même si on sait que François Bayrou est un grand champion en matière de mélange des genres.

Pourquoi le général à la retraite Thierry Ducret et Gilles Arzel, ancien directeur de la CPAM (Caisse primaire d’Assurance Maladie), après avoir accepté cette mission paloise « ont souhaité prendre du recul » ? RamDam aimerait bien le savoir . « Le Haut-Commissariat au Plan cherche à les remplacer ».

Il est vrai qu’attirer les bénévoles qui, comme François Bayrou, se sacrifient pour la France, ça ne se trouve pas en traversant la rue.

Un régime « spécial » qui ne fait pas trop maigrir

« J’ai choisi d’être intégralement bénévole pour cette mission. Je ne perçois ni salaire, ni indemnité ni note de frais, ni remboursement de voyage, ni voiture, ni chauffeur, rien ![…] Cela n’avait jamais existé pour une nomination de haut-commissaire au Plan. Il a fallu un décret spécial pour que ce bénévolat soit officialisé ».

Il n’aurait pas du parler de « décret spécial ». c’est un truc qui attire la curiosité.

Rassurez -vous, le décret « spécial », décret n° 2020-1101 du 1er septembre 2020 instituant un haut-commissaire au plan » ne l’oblige pas à desserrer les cordons de sa bourse.

Article 3 : « Les frais de déplacement et de séjour du haut-commissaire ainsi que ceux de ses collaborateurs peuvent être remboursés dans les conditions prévues par la réglementation applicable aux personnels civils de l’Etat ».

Article 4 : « Les moyens de fonctionnement liés à sa mission, notamment les crédits de personnel, sont inscrits au budget du Premier ministre ».

Quant au troisième collaborateur, il s’agit de Clarisse Johnson-Le Loher, professeur à l’Université de Pau, et, ça tombe bien, adjointe au maire. Pointé par Jérôme Marbot (opposant à Pau) François Bayrou a déniché cette « agrégée sachant écrire ». Fichtre ! Comme nous pensons qu’à Pau, il y a beaucoup de gens qui savent écrire, certainement, le sens de « sachant écrire » signifie combler les vides de la pensée visionnaire de François Bayrou.

La théorie du mélange des genres

Cette personne, Clarisse Johnson-Le Loher, pointe à 65 % au service du Haut-Commissariat au Plan. 65 % pas plus. A 65,1 % , STOP ! Même en cours d’écriture, elle lève le crayon, c’est sûr, François Bayrou y veille. C’est pour cela qu’elle n’avait pas eu le temps de déclarer qu’elle travaillait pour le Haut-Commissariat au Plan depuis 8 mois (payée par qui ?). Retard, bien sûr, dû à des « circonstances liées au Covid » (ce virus, il sert tellement, qu’il va mourir par usure NDLR)

Elle aussi, comme François Bayrou, son crédo, c’est le sacrifice. Comme elle le confie dans la République des Pyrénées, « Je suis mise à disposition par l’UPPA [Université de Pau et des Pays de l’Adour], je ne cumule pas. Je touche le même salaire, 1 800 euros, qui est simplement remboursé par le Haut Commissariat au Plan » Et c’est vrai qu’elle ne cumule pas. Outre les 1 800 € de prof sans poste, ses 1400 € d’adjointe à François Bayrou et 1000 € comme vice-présidence au SDISS, (Service Département d’Incendie et de Secours), le Haut-Commissariat au Plan ne lui donne rien ! Que d’abnégation !

NDLR : certaines des informations ci-dessus concernant Madame Clarisse Johnson-Le Loher sont inexactes. Madame Clarisse Johnson-Le Loher nous a fait parvenir un courrier pour les corriger. Nous communiquons en fin de document ses réponses in -extenso.

Une autre collaboratrice, à Paris, Delphine Sémavoine travaille pareil en pourcentage. Cheffe de cabinet au Modem à 30 % et à 70 % au Haut-Commissariat au Plan, elle vient de se mettre à 100 % « en retrait pour des raisons personnelles ».

Tous ces mouvements : Haut-Commissariat au Plan à Paris, Haut-Commissariat au Plan à Pau, Modem, Mairie de Pau, Recrutement et démissions, partage du travail et des budgets, pointage des pourcentages, salaires payés ici et là et par qui, etc.. mais ça fait tourner la tête !

A RamDam nous sommes inquiets : le burn-out guette les collaborateurs qui restent, car leur travail, incommensurable, est là : avec « les notes que nous avons produites nous avons contribué à changer l’approche de l’opinion sur ces sujets sensibles ». Rendez-vous compte : notre opinion a changé et nous ne nous en sommes pas aperçus ! Mais c’est un vrai lavage de cerveau ! Dans quelle ignorance vivions-nous avant la publication de ces 10 notes en 16 mois, notes jugées déficientes par le Conseil Economique et Social « ce qui a rendu furieux François Bayrou que cette analyse ait été rendue publique ». Des jaloux !

Quel dommage qu’arrêter notre Bayrou en si bon élan (Béarnais) alors qu’il était en train d’« éclairer les choix collectifs » de la France, en lui rappeler la mise en examen de son parti pour avoir jonglé avec les budgets européens et le Modem, malgré sa dextérité avec les % . Bof, quelle importance ? Dans tous les cas, c’est le citoyen qui paye.

A trop vouloir occuper le devant de la scène et poussé par son appétit forcené des honneurs, voilà notre Haut-Commissaire au Plan (incliné) se débattant comme une mouche engluée dans son Pau de confiture.

Michel GELLATO

Message de Madame Clarisse Johnson-Le Loher en réponse à cet article

Re-bonjour Monsieur Gellato,

Suite à notre échange téléphonique, je vous remets par écrit les points sur lesquels j’ai souhaité revenir comme vous me l’avez demandé.

Vous ironisez sur le fait que j’aie choisi d’exercer à 65%

Dès 2014 quand je suis devenue adjointe au Maire de Pau, il ne me semblait pas possible de rester enseignante à temps plein face à une délégation municipale aussi importante que je découvrais de surcroît et que j’avais à cœur d’exercer avec sérieux. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de travailler moins (et de gagner moins…) dans mon métier, estimant que les indemnités d’adjointe compenseraient (à peu près…) le défaut de salaire de 35%. Quand j’ai rejoint le Haut-Commissariat au Plan sur la base d’une convention de mise à disposition Education Nationale/Haut-Commissariat au Plan (mon administration d’origine me « prête » à une autre administration et se fait rembourser mon salaire qui reste le même…c’est une pratique courante entre administrations), j’ai cessé d’enseigner à l’Université et mon poste au HCP est devenu mon emploi en remplacement de mon activité d’enseignante. J’ai donc gardé le même temps partiel. Vous riez de ces 65% alors même que très peu d’élus (quand je dis très peu, je crois même être la seule de toute l’équipe paloise) font ce choix de gagner moins dans leur emploi: ils exercent tout naturellement leur activité professionnelle à temps plein et sont donc rémunérés à 100%. Leurs indemnités d’élus viennent s’ajouter à leurs revenus (on reproche d’ailleurs plus facilement à un politique le fait de n’avoir pas d’autre métier que d’être élu…) mais ce n’est pas le choix que j’ai fait, par honnêteté face à l’ampleur de la tâche: au final ce choix atypique devient objet de critique, ce qui me paraît aussi injuste que paradoxal!

J’ajoute qu’il n’y a rien de compliqué à définir 65%: ça fait tout bêtement 3 jours par semaine! Quand la journée est terminée, il est l’heure d’arrêter: j’arrête mon travail comme pour n’importe quelle autre activité professionnelle. Se pose-t-on la question pour d’autres emplois de « plume » ou autres, exercés à mi-temps? à 80%? En quoi serait-il plus difficile de savoir quand « poser le stylo » au Haut-Commissariat au Plan?

Vous prétendez que je n’ai pas déclaré que je travaillais pour le Haut-Commissariat au Plan pendant 8 mois

Depuis quand un élu a l’obligation de rendre des comptes sur son activité professionnelle dans la vie civile? Chômage, promotion, reconversion…faut-il faire des annonces?

Dans mon cas, toute la presse locale était informée depuis 1an que la 3ème personne recrutée sur Pau, c’était moi…car même si je n’ai pas fait de conférence de presse (en vertu de quoi aurais-je dû le faire??), je ne m’en suis jamais cachée! Sauf qu’il eût été moins croustillant de le sortir à ce moment-là…Pour attaquer Bayrou, soutien probable du candidat Macron, peu avant la Présidentielle, c’était plus juteux…Alors qui a attendu pour le dire d’après vous???

Ma photo est restée absente du site du Haut-Commissariat au Plan pendant plusieurs mois alors même que je l’avais fournie très peu de temps après mon arrivée: doit-on me reprocher d’avoir commencé à travailler sans avoir attendu la parution d’une photo de moi sur un site?????, quand on sait le temps que peuvent prendre ces mises à jour par une administration…

Vous évoquez mes revenus et prétendez que je touche 1000€ par mois en tant que vice-présidente du SDIS

FAUX!!!: j’ai intégré le bureau du SDIS en tant que 4ème membre de ce bureau. Or les 3 premiers membres sont vice-présidents, mais moi pas: ma fonction de 4ème membre ne me donne droit au versement d’aucune indemnité!

 Voilà! Je vous remercie de rectifier ces éléments et serai ravie de reprendre nos échanges lors de l’un de vos passages à Pau!

Bien cordialement

Clarisse Johnson Le Loher

2 commentaires

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